La crise du Covid-19 a accéléré les tendances déjà à l’œuvre auprès des consommateurs de vins et spiritueux des grands marchés mondiaux. La fermeture des bars et restaurants a favorisé les ventes de vins milieu de gamme devenus plus accessibles en GMS ou chez les cavistes.
La crise du Covid-19 au cours de l’année 2020 a joué un rôle d’accélérateur des tendances déjà constatées sur les grands marchés des vins et spiritueux, selon le constat dressé par le rapport 2021 de IWSR pour Vinexposium. Avec des cafés, restaurants et bars qui restent fermés pendant des mois, les consommateurs se sont tournés vers des vins dits « premiums », soit le milieu de gamme à des prix entre 10 et 20 $ la bouteille aux États-Unis. « Les consommateurs ont pu accéder en vente au détail à des vins qui étaient proposés, avant la crise, plus chers dans le circuit de la restauration », note Jean-Philippe Perrouty, directeur de Wine Intelligence France, filiale de IWSR. « Cela est particulièrement vrai pour les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Asie du Sud-Est », ajoute-t-il.
La consommation de vins et spiritueux à l’échelle mondiale en 2020 a toutefois baissé de 6,2 % selon IWSR (mais avec des différences notables puisque la consommation a progressé de 2 % en Amérique du Nord), moins que les prévisions faites au début de la crise du Covid-19 qui tablaient sur un recul de 12 %. Grâce à la promotion, le e-commerce et les boissons faiblement alcoolisées prêtes à boire, la consommation devrait croître de 3 % en 2021 pour retrouver en 2023 des volumes identiques à la période précédant la crise. Entre 2021 et 2025, le rythme de progression de la consommation devrait atteindre les 1,5 % par an.
Mais la reprise de la consommation devrait se faire de façon différenciée selon les produits et les marchés. Les vins tranquilles devraient progresser de moins de 1 % par an, tandis que les vins effervescents comme les proseco, crémants ou cava devraient être beaucoup plus dynamiques (+2 à +3 %) grâce notamment à la réouverture des bars. Aux États-Unis et en Chine, les vins effervescents devraient progresser de 15 % en 2021, mais seulement de moins de 5 % en France ou au Royaume-Uni. Les vins biologiques devraient atteindre une part de marché de 4 % en 2025, soutenus par une forte croissance de l’ordre de 6 % par an. La Finlande ou la Suède sont des marchés clés avec 20 % de parts de marché pour les vins bio. L’idée du développement durable parle encore peu aux consommateurs de vins, qui voient cette dimension surtout à travers l’utilisation de la bouteille en verre et une préférence pour les vins locaux, produits près des lieux de consommation.
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De plus en plus nombreux à réduire leur consommation d’alcool
La tendance pour les boissons sans alcool ou faiblement alcoolisées, dont les boissons prêtes à boire (comme les hard seltzers) se confirme, même si « les consommateurs réguliers de vins expriment des réserves quant au goût des vins sans alcool/faiblement alcoolisés, ainsi que sur la faible disponibilité des produits et un manque de connaissance de ces vins », selon le rapport. Les hard seltzers se développent fortement aux États-Unis et au Japon, portés par l’innovation, le goût pour les boissons aromatisées et la volonté de modérer sa consommation d’alcool. Ainsi, entre 39 et 58 % des consommateurs de vin (selon les pays) veulent réduire leur consommation.
Les spiritueux sont aussi en pleine évolution. Les mezcal et tequila, autrefois perçus comme des produits bon marché, montent en gamme et bénéficient d’une nouvelle image de produit plus « naturels », soutenus par des artistes célèbres. Les ventes devraient ainsi progresser de 10 % en 2021 dans le monde, et conserver un rythme soutenu de progression (+10 % par an d’ici 2025 pour le mezcal, 5 % pour la tequila). Le rhum est en hausse en Inde et aux Philippines grâce à des produits bon marché. Mais on note une montée en gamme en Espagne et en France grâce à la mode des cocktails. Les whiskys très touchés par la crise devraient repartir à la hausse (croissance prévue autour de 5 % par an d’ici 2025) grâce à la réouverture des CHR, l’innovation, la montée en gamme ou encore le redémarrage du travel retail.