Un arrêté interdisant les opérations d'épandage de pesticides par voie aérienne a été publié le 19 septembre au Journal officiel, qui prévoit encore deux dérogations jusqu'à fin 2015. Après, d'autres resteront possibles « pour des motifs d'intérêt général ».
L 'ARRÊT des dérogations est immédiat pour les cultures de maïs ainsi que pour la culture de bananes aux Antilles. Il est fixé en revanche au 31 décembre 2015 pour le traitement de la vigne et des rizières. D'après le texte, tout chantier d'épandage entrant dans le cadre des dérogations est soumis à une déclaration préalable auprès du préfet et ne pourra être réalisé que dans « les cas où il n'existe pas de solution alternative ».
Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll s'est félicité que la profession agricole s'engage « dans cette transition vers des pratiques culturales ne faisant plus appel à l'épandage aérien de produits phytosanitaires, notamment grâce aux actions de lutte intégrée, compatibles avec l'agro-écologie ». La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal s'est dite quant à elle « convaincue que cette étape permettra aux producteurs de mieux valoriser leur production ». « J'ai pu constater sur le terrain que les agriculteurs sont déjà prêts : en cinq ans, on a enregistré une baisse de 77 % des surfaces traitées par épandage aérien », a déclaré la ministre dans un communiqué. Maiz'europ' soutient d'ailleurs que « moins de 1 % des surfaces de maïs en 2012 » ont bénéficié de telles dérogations et « aucune en 2013 » (1).
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Pour les dérogations, l'arrêté prévoit que « l'opérateur respecte une distance de sécurité qui ne peut être inférieure à 50 mètres » vis-à-vis des lieux d'habitation, des points d'eau consommables par l'homme et des cours d'eau. L'opérateur doit par ailleurs prendre « toutes les mesures nécessaires pour s'assurer que les produits phytopharmaceutiques appliqués ne sont pas entraînés en dehors de la zone traitée ». Le ministère de l'Agriculture précise, dans un communiqué, qu'« après le 31 décembre 2015, en cas d'apparition d'un organisme nuisible non présent sur le territoire national présentant un danger phytosanitaire grave, des dérogations ciblées pourraient néanmoins être envisagées pour des motifs d'intérêt général ».
L'association Agir pour l'environnement estime que l'arrêté entretient le flou sur le danger lié à l'épandage. « Effectués avec des aéronefs ou hélicoptères, le respect des 50 mètres est totalement illusoire mais semble contenter les tenants d'une écologie hors-sol », dénonce-t-elle dans un communiqué.
(1) voir n°3450 du 02/06/14