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Commission d'étude de la toxicité Vers le contrôle des stations de semences 

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Lors de la séance de la Commission d'étude de la toxicité des produits antiparasitaires (dite "Com tox") le 17 décembre, il a beaucoup été question des problèmes de poussières engendrées par les traitements de semences lors des semis. La Com tox envisage aujourd'hui d'aller au delà d'une homologation du produit formulé, mais de contrôler aussi les stations de semences qui le fabriquent. Autres dossiers discutés : une nouvelle molécule proche de l'imidaclopride et les mélanges de phytos. 

La Commission d'étude de la toxicité a fait le point sur les poussières de semoir dans le cadre du fipronil et des problèmes de toxicité intervenus aux printemps 2002 et 2003 dans le Sud-Ouest. Elle a étudié un rapport qui faisait la comparaison entre deux types de traitement de semences Régent TS provenant l'un de Syngenta, l'autre de Limagrain. " Il existe une réflexion globale sur le problème des poussières lors des semis, avec tout ce que ça engendre comme risques en terme environnemental et de santé pour les agriculteurs ", remarque Daniel Marzin, président de la Commission d'étude de la toxicité.

Homologation des process industriels 

Ce dernier insiste sur le fait qu'avant le cas du fipronil, jamais il n'avait été question de cette notion de "poussières" et de ses conséquences toxicologiques. " Le seul élément retrouvé dans la littérature est un document dans un journal italien, c'est tout ", ajoute-t-il. Mais désormais, la Commission d'étude de la toxicité oriente sa réflexion vers les exigences à imposer aux industriels afin de protéger les utilisateurs. " Il est clair que les industriels ont des process de fabrication variables d'une station de semences à l'autre, constate Daniel Marzin. Il va falloir mettre au point des protocoles de contrôles fiables et réalistes pour faire le suivi du traitement de semences jusqu'au semis ", ce qui n'existe pas aujourd'hui. L'objectif est qu'à terme, le process industriel de fabrication du traitement de semence soit homologué avec un protocole assez lourd de contrôle au moment de l'homologation du produit, puis des contrôles de routine en production.

Mais une question se pose : qu'en est-il des traitements de semences à la ferme ou réalisés par des travailleurs à façon ? " Pour moi, le traitement de semences est une affaire de professionnel", répond le président de la " Com tox ". Dans ce cas, ne risque-t-il pas, à terme, d'y avoir tout bonnement une interdiction de réaliser des traitements sur les semences à la ferme pour des raisons toxicologiques, et de fait, une interdiction de faire ses propres semences de ferme ? " Je me refuse à entrer dans ce débat et je resterai sur le sujet qui concerne la Commission d'étude de la toxicité", répond le président.

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Clothianidine et mélanges 

A l'ordre du jour de cette réunion était programmé l'examen de la clothianidine, nouvelle substance active présentée par Bayer CropScience, et des préparations qui la contiennent (Poncho, Dantop, Santana). Cette molécule est très proche du thiamétoxame qui a aussi été présentée récemment à la Com tox. Les deux molécules sont des traitements de semences qui ont le même mode d'action que l'imidaclopride. La Commission d'étude de la toxicité a demandé au groupe "abeilles" d'examiner le thiamétoxame et a posé de nombreuses questions complémentaires à la firme. A l'occasion de l'examen de l'imidaclopride, le Comité scientifique et technique a développé des scénarios d'évaluation du risque sur les abeilles, qui sont en train d'être appliqués au fipronil. La Com tox demande que toutes les nouvelles molécules soient traitées de la même façon, y compris ces deux nouvelles.

Enfin dernier point important : un document a été présenté par la Commission faisant état des exigences de cette dernière pour la constitution des dossiers de mélanges de produits phytosanitaires. Ce document précise les études toxicologiques nécessaires à réaliser aux yeux de la Com tox pour autoriser un mélange. " Je ne sais pas faire de la toxicologie sur dossiers, s'insurge Daniel Marzin. Pourtant, c'est la voie qu'a choisie la DGAL en donnant pour des milliers de mélanges des autorisations provisoires ".