Le secteur des grandes cultures se développe timidement dans la bio. La FNAB, l'APCA et Coop de France se sont réunis au Salon de l'agriculture pour montrer l'attractivité de la filière grandes cultures bio.
Un appel à la conversion en agriculture biologique, pour les exploitants de grandes cultures, a été lancé le 26 février au Salon de l'agriculture. En effet, la filière, qui représente 20 000 hectares sur le sol français, reste déficitaire « même si elle est de plus en plus structurée», fait remarquer Tony Chocardelle de la Fédération nationale de l'agriculture biologique (FNAB). En 2012, 9 369 exploitants grandes cultures bio sont déjà installés sur 205 500 hectares. « Mais nous voulons développer cette filière à grande échelle », continue Tony Chocardelle.
Les grandes cultures sont notamment utilisées pour l'aliment du bétail bio à hauteur de 260 000 tonnes et de meunerie bio à 92 000 tonnes, mais le marché intérieur est loin de satisfaire la demande intérieure : 30 % des volumes de céréales utilisés en 2013 ont dû être importés. L'écart est encore plus grand pour les oléagineux : 90 % des graines de colza bio utilisées en France sont importées, 85 % des tourteaux de colza et 45 % des tourteaux de soja. « Depuis les cinq dernières années, la consommation de bio a augmenté plus vite que les surfaces », commente Christophe Lécuyer de Coop de France.
Les coopératives jouent un rôle croissant dans la bio. Ainsi, 75 % de la collecte de céréales bio sont réalisés par 48 coopératives sur l'ensemble du territoire. Celles-ci participent à l'élaboration de bilans de marché réguliers permettant « d'ajuster correctement l'offre et la demande et éviter ainsi les crises de surproduction », selon le représentant bio de Coop de France.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Conversion
Reste à convaincre les exploitants de se convertir. Un argument de poids pourrait faire pencher la balance : les cours des céréales bio est indépendant des cours du conventionnel. « Depuis 6,7 ans, nos prix se tiennent bien car nous bénéficions d'une étanchéité entre le conventionnel et le bio », assure Etienne Gangneron, en charge du dossier bio aux Chambres d'agriculture (APCA). Il reconnaît tout de même que « la bio, ce n'est pas facile tous les jours ». « Il faut carrément changer son modèle, il faut une dizaine d'années pour trouver un vrai équilibre », ajoute-t-il. Mais, selon lui, les agriculteurs qui ont choisi un modèle bio retrouve « un vrai bonheur à travailler. »