Un accord semble en passe d’être trouvé entre l’IFN et l’Ania sur le terrain des projets de fondation. L’initiative prise par l’Ania de créer une fondation consacrée à l’alimentation et à la nutrition avait, on le sait provoqué une certaine stupeur à l’Institut français pour la nutrition, instance à dominante scientifique mais supportée par les cotisations des entreprises adhérentes depuis sa création, et alors que son président, Jean-Paul Laplace, militait justement depuis quelques temps pour une transformation de l’IFN, de plus en plus en mal de financement, en véritable Fondation de recherche.
Le projet de fondation baptisé Alimentation et Vitalité que le président de l’Ania, Jean-René Buisson, a poussé fortement depuis un an en en faisant une priorité de son mandat a eu beau être mis sur les rails, il se pourrait qu’un autre schéma aboutisse, du fait d’un accord entre l’Institut français de la nutrition (IFN), l’Inra et l’association des industries alimentaires. Une façon de réconcilier des approches divergentes et de mieux assurer l’avenir. Sans doute, la Fondation Alimentation et Vitalité a convaincu ses premiers souscripteurs (une quarantaine, affirmait-on en juin) qui se sont engagés à contribuer pour 0,02 % de leur chiffre d’affaires réalisé en France. Pouvant réunir dès lors un total de 700 000 euros mais s’étant fixé un budget de
3 M EUR, l’Ania pourra-t-elle convaincre 2 000 des 10 000 industriels du secteur, comme l’espérait Jean-René Buisson ? Et pourrait-elle de toute façon avoir la caution des scientifiques La fondation devra avoir un conseil d’administration composé de trois collèges, avait annoncé l’ANIA en mai : industriels, pouvoirs publics, et personnalités externes et nutritionnistes (6 représentants chacun). Le président de la fondation sera choisi parmi le troisième collège constitué de personnalités « incontestables », ajoutait le président Buisson…, notamment de l’Inra, qui ne peut se désintéresser du sort de l’IFN ?
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Or, pour légitimer les actions de sa fondation, l’Ania souhaitait qu’elle soit reconnue d’utilité publique, ce qui supposait d’en faire une vraie fondation de recherche (c’est-à-dire à parité public-privé) et non de simple soutien à des actions éducatives et de communication. Le dossier allait être déposé, croyait-on, et le président de l’Ania s’était fort avancé en affirmant qu’« il n’y avait aucun risque qu’elle ne soit pas reconnue d’utilité publique d’ici 2007 », précisant que c’était le ministère de l’Intérieur qui était maître de la décision.
Pour sortir de l’impasse créée par cette concurrence malsaine – ou à tout le moins par cette dispersion des efforts –, des conversations ont eu lieu juste avant la pause estivale sous l’impulsion de l’Inra Rappelons que l’Inra avait dû remiser un projet, vieux de deux ans, de Fondation « Alimentation et Nutrition » pour laquelle l’institut n’avait pu mobiliser que deux entreprises !. Un accord tripartite a été esquissé entre l’institut de recherche, l’Ania et l’IFN : il devrait en sortir, dit-on à l’Inra, un vrai projet de Fondation de recherche impliquant toutes les parties, et dans laquelle l’IFN finirait sans doute par se fondre puisqu’il avait un problème de pérennité de toute façon à résoudre. Le conseil scientifique de cette Fondation revue et corrigée devrait donc être composé en majorité de chercheurs et l’objet principal de la Fondation devrait être de financer des recherches, même si d’autres actions pourraient y être lancées comme l’évaluation des pratiques alimentaires ou le soutien à des campagnes d’éducation nutritionnelle du public. Ainsi s’organiserait notamment l’apport de données à l’Observatoire de l’alimentation voir dans ce numéro, même rubrique que doivent créer par ailleurs les ministères de la Santé, de l’Agriculture et de l’Economie comme annoncé dans le cadre du PNNS 2.