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Vers un effaroucheur intelligent contre les corvidés

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Le projet ETHIC vise à développer un effaroucheur intelligent. Crédits : © xiSerge/Pixabay

Les corvidés, aux premier rang desquels les corbeaux freux et les corneilles noires, occasionnent d’importants dégâts sur les semis de maïs, de soja et de tournesol. Face à l’efficacité limitée des méthodes d’effarouchement existantes, un projet suisse va utiliser l’IA pour mettre au point un effaroucheur intelligent. 

Visuels ou sonores, les effaroucheurs du marché montrent souvent leurs limites face à des oiseaux intelligents comme les corvidés, qui finissent par ne plus réagir aux stimulis et s’attaquent aux semis. Agroscope, le centre de compétences de la Confédération Suisse pour la recherche agronomique, se prépare à lancer un projet multidisciplinaire pour créer un effaroucheur intelligent qui ne crée pas d’habituation chez ces oiseaux ravageurs. Baptisé ETHIC (Exploration de techniques, étude des mécanismes de l’habituation et apports de l’intelligence artificielle pour optimiser l’effarouchement des corvidés en milieu agricole), le projet commencera officiellement en 2026, pour une durée de cinq ans. Financé par l’Office fédéral de l’agriculture (Ofag), il réunit des chercheurs d’Agroscope, de l’université de Neuchâtel, du Muséum national d’histoire Naturelle de Paris et des collaborateurs de sept cantons suisse. 

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La première phase du projet portera sur une observation des stratégies d’effarouchement déjà mises en place dans les parcelles des agriculteurs partenaires, dont certains ne savent plus vers quelle solution se tourner. « Ce projet va nous permettre d’être en contact avec les agriculteurs et de voir ce qui marche ou pas, ce qui est acceptable pour eux en termes de pertes, mais aussi ce qu’ils sont prêts à investir dans une technologie d’effarouchement intelligent », note Alice Baux, chercheuse à Agroscope et coordinatrice du projet. Ensuite, son collègue Hassan-Roland Nasser utilisera l’IA pour mettre au point leur nouvel effaroucheur. En détectant la présence ou non d’oiseaux grâce à la vision par ordinateur, l’algorithme devra apprendre à ajuster la fréquence, le volume et la modulation des signaux d’effarouchement

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Un prototype testé avant commercialisation 

Cet apprentissage sera rendu possible par la modélisation du comportement des corvidés effectuée en début de projet. « On va étudier comment les différentes espèces de corvidés répondent à un stimulus répété ainsi que le temps qu’ils mettent à s’y habituer, et à revenir sur la parcelle… », explique Alice Baux. En se déclenchant uniquement en présence d’oiseaux, l’effaroucheur intelligent doit permettre « une moindre habituation » de ces derniers, espère Alice Baux. « L’intérêt d’avoir recours à l’IA est qu’elle peut s’adapter et faire évoluer les signaux tout de suite, en étant très réactive. » Les chercheurs comptent notamment intégrer des cris d’alerte des différentes espèces d’oiseaux, ou bien des bruits de fusils. 

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En fin de projet, l’effaroucheur intelligent ainsi mis au point sera testé sur 3 à 4 parcelles dans chacun des sept cantons suisse participant, afin d’évaluer son efficacité dans des conditions variées. « Il y aura environ une vingtaine de prototypes à l’essai, le but est d’en faire un produit commercial », confie Hassan-Roland Nasser, une fois le projet terminé au bout des cinq ans.