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Promotion agroalimentaire Vers une double mission pour la Sopexa

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Nicolas Forissier, secrétaire d’État à l’Agriculture, a indiqué le 29 mars devant le Sénat qu’il compte attribuer à la Sopexa (Société pour l’expansion des exportations agroalimentaires) une double mission : une mission d’intérêt général et une mission privée, la mission d’État devant faire l’objet de soutiens publics.

Le Sénat a débattu le 29 mars des conclusions du rapport de contrôle budgétaire de deux sénateurs, Joël Bourdin (UMP, Eure), rapporteur spécial des crédits de l’agriculture, et de Marc Massion (socialiste, Seine-Maritime), rapporteur spécial des crédits du commerce extérieur, sur la gestion et les perspectives d’évolution de la Sopexa. Suite à ces interventions des deux rapporteurs spéciaux et à celle du sénateur Daniel Soulage (UC-UDF, Lot-et-Garonne), le secrétaire d’État à l’Agriculture s’est déclaré « en accord » avec la plupart des propositions formulées par le rapport de la commission des finances.

Vers un « compte État » et un « compte propre »

Nicolas Forissier a d’abord insisté sur la nécessité d’un soutien public à la promotion alimentaire française à l’étranger, la France étant « en queue de peloton » dans ce domaine. « Le ratio budget public/exportations est supérieur de 50% en Espagne et de 150% aux États-Unis », a-t-il témoigné. Ces pays, utilisant ces aides non soumises à réduction des subventions dans les accords de l’OMC, « réarment leur dispositif de soutien public sur différents modèles… dont ceux de la Sopexa ».

Puis il a indiqué que le gouvernement a « effectivement engagé le processus de sortie du capital de la Sopexa de la puissance publique » représentée par les offices agricoles et Ubifrance, pour plus de clarté. L’idée est que les donneurs d’ordre ne soient pas les actionnaires.

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L’adoption par la Sopexa d’une comptabilité analytique en 2003 rend possible d’isoler les activités du domaine d’intérêt général (« le compte État ») et celles relevant du domaine concurrentiel (« le compte propre »). Le compte État serait principalement réservé aux actions de défrichage des marchés à l’étranger. L’activité de compte propre serait celle des campagnes de promotion sur le marché intérieur, en concurrence avec des agences de promotion privées.

Les rapporteurs pour un engagement pluri-annuel de l’État

Le secrétaire d’État à l’Agriculture a justifié sa volonté de renforcer les soutiens publics à la promotion agroalimentaire en rappelant que le président de la République a annoncé en octobre dernier à Murat un doublement des crédits à l’exportation et que « le dossier Sopexa s’inscrit dans un souci d’efficacité maximale ». « Permettre à la Sopexa d’être plus efficace, plus dynamique, plus réactive, est donc essentiel dans notre stratégie à l’exportation. C’est le but que je poursuis », a-t-il conclu.

Les deux rapporteurs ainsi que Daniel Soulage ont rappelé « l’efficacité unanimement reconnue » de la Sopexa, dotée « d’une expérience riche sur le terrain, d’un personnel compétent, ainsi que d’un réseau international développé ». Ils estiment important de pérenniser l’engagement de l’État, par un engagement pluri-annuel, justifié par des missions de long terme, notamment sur des marchés difficiles, comme les marchés asiatiques.