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Vers une industrie du tourteau de colza pour panneaux de bois

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Une nouvelle utilisation à haute valeur ajoutée des protéines végétales est en train de prendre le chemin de l’industrialisation : la transformation du tourteau de colza en un additif pour fabriquer des panneaux de bois contenant moins de résines d’origine pétrolière et dangereuses pour la santé. C’est ce qu’ont annoncé le 27 juin conjointement Avril, groupe industriel de la filière oléoprotéagineuse française, et Bpifrance, filiale de la Caisse des Dépôts qui soutient l’innovation.

Le tourteau de colza, co-produit de la production d’huile, riche en protéines, peut servir d’additif à haute valeur ajoutée dans la production de panneaux de bois. Des laboratoires et pilotes de démonstration seront construits, puis une usine sortira de terre, a indiqué le 27 juin Magali Joessel, directrice du fonds SPI (Société de projets industriels) à Bpifrance. Avril, Bpifrance et une start-up israëlienne, Biopolymer Technologies (BPT Ltd), spécialisée dans l’industrialisation des brevets dans le domaine des biotechnologies, se sont associés pour constituer une joint venture afin de développer cette nouvelle activité, prometteuse à en croire Magali Joessel et Michel Boucly, directeur général délégué du groupe Avril. Ces trois partenaires ont constitué le 27 juin une filiale commune, appelée Evertree, et basée à Paris. Evertree a un capital de 72 millions d’euros. BPT en détient 53 %, Avril et Bpifrance 47 %. Dans ces 47 %, Avril en détient 60 % et Bpifrance 40 %.

Un produit de valeur plus que de volumes

Cette nouvelle utilisation du tourteau de colza, découverte par deux chercheurs américains, soustrait de faibles quantités au débouché de l’alimentation animale, parce qu’il suffit de très peu de cet additif pour réduire de 20 à 30 % l’incorporation des résines, a précisé Michel Boucly. Le produit, qui se présente sous la forme d’une poudre ou d’un liquide, a des chances de percer. Cela non seulement parce qu’il remplace des composés organiques volatils (COV) néfastes à la santé, mais aussi parce qu’il fait faire des économies aux fabricants de panneaux, les résines étant des substances qui coûtent 50 à 60 % du prix des panneaux. « C’est le fait d’offrir une solution économiquement pertinente (réduire l’utilisation des résines), et en l’absence d’une réglementation », qui lance cette nouvelle activité, a commenté Magali Joessel. « Un nouveau marché est en train de s’ouvrir, non pas du fait d’une réglementation, mais parce qu’il apporte une solution. La réglementation viendra peut-être après », a souligné Michel Boucly.

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Une usine en 2022

Ce futur produit à haute valeur devrait être commercialisé entre 2 et 7 euros le kilo, prix qui justifie la compétitivité du transport de ce produit vers les fabricants de panneaux d’Europe du Nord (comme Ikéa), d’Europe de l’Est et d’Amérique du Nord, a indiqué Michel Boucly. Sur chacune de ces destinations, une dizaine de clients potentiels commencent à être contactés. Certains d’entre eux suivront de près les travaux de recherche-développement d’Evertree qui auront lieu à Compiègne, sur mille mètres carrés de laboratoires, à proximité de l’institut de recherche Pivert, dont Avril est partenaire. Une usine valorisant 50 000 tonnes de tourteaux de colza devrait entrer en service en 2022 sur le site de transformation des oléagineux d’Avril à Grand-Couronne (Rouen).