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Vers une vendange en recul cette année, mais septembre sera décisif

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Après la publication par Agreste d’un chiffre de production de vin de 43,4 millions d’hectolitres cette année en France (contre 49,4 l’an dernier), la profession viticole confirme que « la vendange sera en baisse cette année », mais sans s’avancer sur davantage de précisions. Le mois de septembre sera décisif pour le remplissage des grains, et donc pour le niveau de la production.

« Je ne sais pas si la vendange sera de 43,4 millions d’hectolitres ou au-dessous de 43, mais il est certain maintenant que la production sera inférieure à celle de l’an dernier et aussi à la moyenne quinquennale », a indiqué Jérôme Despey, viticulteur dans l’Hérault et président du conseil spécialisé viticole de FranceAgriMer, à Agra Presse le 30 août. « Pour l’instant, dans mes vignes, le poids de raisin est inférieur de 20 % à celui de l’an dernier. Et dans les vignes touchées par la canicule dans l’Hérault, la chute par rapport à l’an dernier peut aller jusqu’à 60 % », a-t-il décrit. Dans l’Hérault, 10 000 hectares de vignes (sur les 80 000 que compte le département languedocien) ont entre 20 et 80 % de pertes, a-t-il précisé. Enfin, toujours dans ce département viticole, « mille viticulteurs touchés par la canicule ont rempli des déclarations pour pertes de récolte ».

Le 29 août, le conseil spécialisé viticole de FranceAgriMer a proposé de reconduire Jérôme Despey à sa présidence pour une durée de cinq ans. Cette élection doit désormais être validée par le ministre de l’Agriculture.

Conditions météorologiques favorables à Bordeaux

Dans le vignoble de Bordeaux, déterminant pour évaluer la vendange française, il est trop tôt pour connaître le niveau de la récolte. « Avant la récolte, il est trop tôt, il est toujours trop tôt, et aussi inutile de faire des pronostics. On a toujours 9 chances sur 10 de se tromper », a commenté Bernard Farges, président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB), dans un entretien avec Agra Presse. « Le matin même du jour de la vendange d’une parcelle, on ne sait pas la quantité qu’on récoltera, on est toujours surpris ». Les prochaines semaines seront décisives car il suffit qu’il pleuve pour que les baies de raisin se gonflent, et dans ce cas la production de vin sera supérieure.

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On sait seulement que la vendange bordelaise « ne sera pas énorme, ni dramatiquement faible ». « Tous les signaux sont au vert » pour une bonne maturation des raisins, selon le président du CIVB : le mildiou est quasiment absent, les nuits sont fraîches et les journées sont ensoleillées. Les éléments climatiques négatifs pour la vigne ont été produits au printemps : un peu de coulure (les fleurs mal fécondées coulent) et de millerandage (reconnaissable par la présence de baies de petite taille et de maturité très hétérogènes sur la grappe), et surtout du gel. Le CIVB rappelle les éléments météorologiques de ces derniers mois : 186 heures d’ensoleillement en février, contre une moyenne trentenaire de 115 heures, 226 heures en mars (contre 170), 319 en juillet (contre 249). Dans le vignoble, la vendange a commencé pour les crémants et les blancs, et celle des rouges commencera entre le 15 et le 20 septembre. Les vendanges pour les liquoreux commenceront début octobre.

La vendange bordelaise « ne sera pas énorme, ni dramatiquement faible »

Stocks de vin : Bordeaux cherche à retrouver son équilibre

Après la récolte catastrophique de 2017 (- 45 % de production à Bordeaux par rapport à 2016), le vignoble bordelais doit retrouver l’équilibre de ses stocks, d’abord laminés par l’effondrement de la production, puis menacés de surplus par la mévente du fait des prix en hausse. Depuis la très faible récolte de 2017, les ventes de vin de Bordeaux ont plongé. « Une petite récolte a toujours un impact négatif, entre l’absence d’offres et les soubresauts des prix », souligne Bernard Farges. La commercialisation du bordeaux a chuté de 15 % en 2017/18 (par rapport à 2016/17). Dans ce contexte, Bordeaux a besoin d’une vendange qui ne soit ni trop faible car elle risquerait d’élever les prix au moment où le bordeaux se vend mal. Et aussi d’une récolte qui ne soit pas pléthorique car elle risquerait d’alourdir les stocks avant que la commercialisation reprenne.