La start-up américaine Eat Just annonçait le 2 décembre que Singapour avait donné son feu vert à la commercialisation de viande de laboratoire de poulet cultivée à partir de cellules animales. « Une première mondiale », précisait Eat Just. Ce type de produit reste aujourd’hui exceptionnel, mais « si la technologie de production de viande in vitro se développe bien, des politiques telles que la Pac pourraient être directement touchées », obligeant à aider les agriculteurs dans une transition vers une sortie de l’élevage, souligne dans une récente synthèse l’agence européenne de l’environnement. Les études sont encore peu nombreuses et sujettes à débats, mais la viande in vitro pourrait en effet répondre à un certain nombre de défis actuels en réduisant « la consommation d’eau, les émissions de gaz à effet de serre, le potentiel d’eutrophisation et l’utilisation des terres par rapport à la production de viande animale conventionnelle ».
Toutefois, la production de viande artificielle reste une technologie émergente à un stade précoce de développement. À l’heure actuelle, l’impact environnemental de la viande artificielle est difficile à évaluer mais elle est aujourd’hui plus gourmande en énergie, de sorte qu’elle pourrait conduire à un réchauffement plus important que la production de bétail, selon le type d'énergie utilisée.
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Une étude, citée par l’agence européenne de l’environnement, montre que la viande artificielle pourrait avoir un impact environnemental moindre que le bœuf, et peut-être que le porc, mais plus important que le poulet et les protéines végétales. Et, souligne l’Agence européenne, certaines formes traditionnelles d’élevage de bovins et d’ovins, en montagne par exemple, sont bénéfiques sur le plan environnemental et leur abandon aurait des conséquences importantes pour les zones rurales et les écosystèmes. Et les experts de l’agence de conclure par cette question : la viande artificielle va-t-elle continuer de déconnecter la société de la nature ou accroître son respect pour elle ?