10 000 bêtes par an : c’est l’objectif affiché par Carrefour pour sa filière de viande bovine label rouge. Le 7 novembre, le distributeur a lancé une nouvelle « filière qualité » sur ce produit avec EMC2 et Cloé, deux coopératives du Grand Est. La première étape d’un dispositif qui vise à couvrir toute la France d’ici fin 2020 : à cette échéance, le label rouge représentera « 70 % de la viande bovine proposée au rayon traditionnel (à la coupe, NDLR) des hypermarchés », indique un communiqué du 7 novembre. Carrefour veut même proposer « 100 % de viande bovine sous signe de qualité (y compris label rouge, NDLR) en rayon traditionnel », explique Bertrand Eon, directeur boucherie de Carrefour France, à Agra Presse. « Nous avons construit un algorithme qui permet d’affecter un collège d’éleveurs correspondant au périmètre de chaque magasin », précise-t-il. Des données qui serviront de base à de futurs contrats avec d’autres coopératives.
Interrogé par Agra Presse, le distributeur ne communique pas le pourcentage actuel de bœuf label rouge sur ses étals. En l’absence de marque chapeau, « l’approvisionnement de notre rayon traditionnel n’est pas homogène », précise M. Eon. Quoi qu’il en soit, les volumes évoqués par Carrefour représenteraient une progression importante pour le segment label rouge. D’après Interbev, 59 000 gros bovins ont été commercialisés sous cette étiquette en 2018. Plus de 41 % d’entre eux sont passés par la grande distribution, soit environ 24 000 bêtes. La montée en puissance de la filière Carrefour conduira donc à « recruter de nouveaux producteurs » et à « accompagner » des conversions d’éleveurs aujourd’hui en conventionnel, explique Bertrand Eon.
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Face à cette annonce d’envergure, « nous sommes plus que prudents », tempère Cédric Mandin, le secrétaire général de la FNB (éleveurs bovins). Certes, le partenariat annoncé par Carrefour « tient compte des indicateurs interprofessionnels pour la rémunération des agriculteurs ». Mais, « à quelle hauteur le coût de production est-il pris en compte ? Aujourd’hui, nous n’avons pas de retour. » Un point crucial pour le syndicaliste, qui rappelle que « la tendance est à la hausse pour les coûts de production ».
restent « plus que prudents »