Opposés aux contrats obligatoires, 100 à 200 manifestants ont répondu à l’appel du collectif « Agriculteurs et négociants solidaires » le 23 décembre à Clermont-Ferrand. Une mobilisation non soutenue par le syndicalisme majoritaire.
Ils étaient « une petite centaine » selon France 3, « deux cents » selon le quotidien La Montagne : le collectif « Agriculteurs et négociants solidaires » a manifesté le 23 décembre à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Informel et asyndical, ce mouvement s’oppose à la contractualisation obligatoire prévue par la loi Egalim 2, qui s’appliquera le 1er janvier 2022 à certaines catégories de bovins viande (jeunes bovins, génisses et vaches allaitantes). « Agriculteurs et négociants doivent rester libres de leurs choix et de leur liberté de commercer », indique un communiqué du 16 décembre. Selon le collectif, qui a lancé une pétition en ligne, « la contractualisation doit demeurer un acte volontaire ».
Contractualisation jugée trop complexe
« Il n’y aura plus de concurrence, plus de négociants indépendants », craint l’éleveur Patrice Albespy, l’un des porte-parole du collectif, dans un entretien à Agra Presse. Selon lui, « beaucoup d’éleveurs ne sont pas au courant qu’ils doivent proposer des contrats au 1er janvier ». Les négociants – qui écoulent environ deux tiers des animaux – ne font pas mystère de leur réticence face à un système jugé complexe. Selon eux, la mesure risque aussi de fragiliser les positions françaises dans l’exportation de broutards, qui seront concernés par la loi à partir du 1er juillet.
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De son côté, le syndicalisme majoritaire, favorable à la contractualisation, a affiché sa distance avec la mobilisation. « Les manifestants-négociants de ce jour ne défendent pas une juste rémunération des producteurs », estiment la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs du Puy-de-Dôme dans un communiqué du 23 décembre. Et d’appuyer : « La majorité des agriculteurs et éleveurs soutiennent la loi Egalim 2 instaurant la contractualisation. » Quant à la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA), elle a sorti un contrat-type et multiplie les réunions de terrain sur ce sujet.
Même position du côté d’Elvéa France, qui « se désolidarise totalement » de la manifestation, d’après un communiqué du 22 décembre. Créé par la FNB, ce réseau regroupe des organisations de producteurs non commerciales (OPNC), dont les adhérents éleveurs travaillent à 95 % avec des négociants. La loi Egalim 2 « a pour objectif de mieux faire correspondre l’offre à la demande afin de limiter la volatilité des prix, rappelle Elvéa dans son communiqué. C’est un nouvel outil qu’il nous faut nous approprier, car c’est le rôle des OP d’organiser le marché. »