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Viande bovine : pour réduire la consommation, FNH veut agir sur les GMS

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La Fondation pour la nature et l’homme plaide pour des mesures contraignantes afin de réduire l’offre de viande en grande distribution. Tout proposant des mesures pour orienter l’élevage bovin vers l’agroécologie.

Dans un récent rapport sur l’élevage bovin, la Fondation pour la nature et l’homme (FNH) recommande d’« obliger » la grande distribution et l’agroalimentaire à « adopter une trajectoire de réduction à 2030 et 2050 » de leurs émissions indirectes de gaz à effet de serre (scope 3). Afin de réduire la consommation de viande des Français, l’ONG veut que les acteurs de l’aval proposent « 50 % de produits végétaux dans leur offre ». De son côté, la restauration devrait « proposer une alternative végétale à chaque repas d’ici 2025 ». « Les maillons les plus régulés sont la production et la consommation, mais pas la distribution », affirme Élyne Étienne, responsable Agriculture à la FNH.

Afin de lutter contre le réchauffement climatique, « il y a un consensus scientifique pour réduire le cheptel bovin de moitié d’ici 2050 », rappelle-t-elle. « Mais si on réduit la production en France, sans l’accompagner d’une baisse de la consommation, on augmente les importations. » Après avoir évalué une trentaine de politiques publiques mises en place depuis 2000, la FNH conclut que la baisse de consommation de viande n’est « pas assumée » par les pouvoirs publics. Seules deux politiques la mentionnent : le Plan national nutrition santé (PNNS) et la Stratégie nationale bas carbone (SNBC).

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« Refondre » les soutiens à l’élevage

La FNH formule cinq autres recommandations pour orienter les élevages bovins vers des pratiques agroécologiques. Parmi elles, l’ONG veut « mettre un terme aux tendances d’agrandissement-concentration, de spécialisation et d’intensification des pratiques » à travers le PLOA (Pacte et loi d’orientation). La FNH suggère ensuite de « refondre » les soutiens (aides à l’installation, à l’investissement, allégements fiscaux) pour « orienter [l’élevage] vers une baisse des volumes de production et une amélioration des pratiques ». Une proposition dans la droite ligne du travail qu’elle a mené en 2022 avec le Réseau action climat et les Civam.

Sur le plan institutionnel, la fondation propose d’« adopter une gouvernance interministérielle de la transition agroécologique ». Les deux dernières recommandations sont plus consensuelles : réguler les volumes et les prix et réduire la concurrence internationale déloyale. Le tout avec pour objectif de « sortir [l’élevage bovin] de l’impasse ». Pour le directeur du plaidoyer de la FNH, Thomas Uthayakumar, « si on ne fait rien, on observera un emballement des impacts environnementaux, sociaux et économiques, mais aussi de la précarité des éleveurs ».

« Les maillons les plus régulés sont la production et la consommation »