L’Autriche, la France et l’Italie ont demandé à la Commission européenne le 23 janvier, lors de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE, de présenter une évaluation d’impact complète et factuelle sur la viande artificielle (sanitaire mais aussi éthique, sociale et économique) avant toute autorisation de vente et de consommation dans l’UE. Une dizaine de délégations (Espagne, Pologne, Portugal…) a soutenu l’initiative. Dans un document sobrement intitulé Le rôle de la Pac dans la sauvegarde d’une production alimentaire de haute qualité basée sur les exploitations agricoles, les trois États membres, qui fourbissaient leurs armes depuis plusieurs semaines, dénoncent une menace pour le modèle agricole européen. Et ils préviennent que ces produits ne devront « jamais être présentés ou confondus avec des aliments authentiques » et donc appelés « viande ». D’autres ministres, au contraire, se montrent beaucoup plus ouverts à ce type de production (Pays-Bas, Allemagne, Danemark notamment). Ils estiment que dans la mesure où les consommateurs sont bien informés sur ce qu’ils achètent il n’y a aucune raison de s’y opposer.
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Aucune demande de mise sur le marché de viande in vitro n’a pour le moment été déposée dans l’UE, a rappelé la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides. Dans l’UE, la viande in vitro est réglementée par la législation sur les nouveaux aliments imposant une procédure d’évaluation des risques par l’Autorité européenne des aliments (Efsa). Stella Kyriakides ne prend toutefois pas réellement position. Elle indique seulement que « la priorité est de garantir la sécurité de nos aliments et de donner aux consommateurs des informations claires leur permettant de faire leurs propres choix, en gardant toujours à l’esprit le rôle clé de la culture culinaire dans le mode de vie européen ».
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Pour le think tank bruxellois Farm Europe « les produits de synthèse sont plus proches de l’industrie pharmaceutique que de l’alimentation et ne sont certainement pas en accord avec les valeurs alimentaires de l’UE ».