La très grave crise que traverse le secteur porcin met en relief la fragilité actuelle de l’Union européenne sur le plan de l’élevage face aux grands pays fournisseurs. Tout d’abord, la force de l’euro qui n’en finit pas de s’apprécier face à la devise américaine constitue un handicap structurel non négligeable de moins en moins comblé par des mesures de soutien. A cela s’ajoute, depuis plusieurs mois, la hausse des prix des céréales qui a renchéri de façon considérable le prix des aliments pour animaux. Ce phénomène est certes mondial. Mais il semble amplifié en Europe par l’effet OGM. Du fait de sa politique restrictive sur les organismes génétiquement modifiés, l’Union se trouve plutôt mal placée pour assurer ses approvisionnements en céréales. Dans ces conditions, on comprend l’impatience de la filière porcine à vouloir décrocher au plus vite des restitutions à l’exportation, en plus des aides au stockage privé déjà décidées, afin de pouvoir conserver quelques marchés. Alors que les négociations sur le bilan de santé de la Pac doivent démarrer prochainement, le maintien de quelques instruments traditionnels de gestion de marché susceptibles d’aider les producteurs en cas de crise grave paraît plus que jamais d’actualité. Il en sera question tant sur le dossier du porc que sur celui de la réforme de l’organisation commune de marché du vin lors de la réunion des ministres de l’agriculture de l’UE le 22 octobre à Luxembourg.
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