Quatrième semencier mondial, avec un chiffre d'affaires de près de 1,5 milliard d'euros, le groupe Vilmorin & Cie a récemment remis à plat l'ensemble de ses financements, se garantissant ainsi flexibilité et visibilité pour les prochaines années.
SE confronter directement au marché. C'est le pari ambitieux remporté par le groupe Vilmorin & Cie en mai dernier. Alors que beaucoup d'entreprises de taille intermédiaire testent actuellement le marché de la dette via des placements privés, le leader semencier n'a pas hésité à se tourner directement vers le marché obligataire pour lever 300 millions d'euros. « Nous recherchions, dans la mesure du possible, une véritable désintermédiation », explique Daniel Jacquemond, le directeur financier du groupe, qui a obtenu un taux effectif de 2,46 % pour cette opération qui n'est pas notée.
De fait, elle s'inscrit dans une vaste remise à plat de la structure de financement du groupe, qui devra vraisemblablement faire face, en 2015, au remboursement d'une obligation convertible de 150 millions d'euros émise en 2008. « Nous avions bénéficié à l'époque d'une fenêtre favorable du marché, alors que le cours de notre action était élevé. Toutefois, compte tenu du niveau actuel des taux, ce titre convertible s'avère plutôt coûteux aujourd'hui, avec son coupon affiché de 4,5%. Comme il a clairement évolué vers un profil plus obligataire que convertible, nous anticipons un remboursement pour juillet 2015 », explique Daniel Jacquemond. Après s'être rapidement penché sur les placements privés américains, dits « US PP », dont il a jugé les taux élevés, le groupe a déjà levé, en mars 2013, quelque 130 millions d'euros dans un placement privé allemand, dit « Schuldschein ». « C'était une bonne façon pour nous de tester le marché de la dette. Nous avons là aussi bénéficié d'une fenêtre très favorable et avons obtenu beaucoup plus que les 75 millions d'euros que nous avions prévu de lever, à de très bonnes conditions financière », explique Daniel Jacquemond.
Si le groupe considère que la diversification des financements est essentielle à leur stabilité, il n'a pas l'intention de renoncer au crédit bancaire. Jusqu'à un passé récent, ce dernier représentait l'essentiel de son financement, à travers « des crédits à court ou moyen terme – rarement plus de 5 ans, des crédits de campagne, portant sur des montants limités et précisément définis dans le temps, et enfin quelques crédits-bails sur des investissements industriels », indique Daniel Jacquemond. Alors que l'un de ses crédits amortissables, représentant 300 millions d'euros, arrivait à échéance fin octobre 2015, le groupe vient ainsi de mettre en place un nouveau financement auprès de son pool bancaire. « Il s'agit d'une ligne de back-up de 300 millions d'euros, non amortissable, et qui bénéficie de conditions de taux et de spread favorables. Utilisable sur 5 ans, elle peut encore être étendue de 2 ans ce qui en fait un financement à moyen terme – 7 ans », souligne Daniel Jacquemond.
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Et qui répond aux deux objectifs majeurs de Vilmorin & Cie : la visibilité et la flexibilité. « Compte tenu du décalage saisonnier de notre activité, nous devons être en mesure de répondre à des besoins de financement très variables : ils connaissent une pointe au premier trimestre de l'année civile, et retombent rapidement après le règlement des livraisons de printemps, en mai et juin. En outre, nous souhaitons bénéficier d'une marge de manœuvre pour mener d'éventuelles opérations de croissance externe », explique le directeur financier. Fort de plus 700 millions d'euros de nouveaux financements potentiels, Vilmorin & Cie peut ainsi aborder sereinement les prochaines années. « Nous bénéficions de toutes les ressources financières nécessaire à la mise en œuvre de nos orientations stratégiques », résume son directeur financier. A terme ? Vilmorin pourrait aller chercher des financements directement auprès d'investisseurs sur ses nouveaux marchés, tant américains qu'asiatiques…
Les ingénieurs agronomes du Groupe Agrofood et Agra Alimentation organisent le 25 novembre 2014 à Paris la 11e édition du colloque biennal Agrofinance. Dans un contexte mondial en pleine évolution, les Industries agroalimentaires gardent leurs atouts pour assurer un développement pérenne. L'agroalimentaire français, 1er employeur et 1er exportateur de France, compte des leaders mondiaux dans des domaines stratégiques tout autant que des PME qui ne demandent qu'à se développer. Face aux besoins de l'industrie agroalimentaire française, de nouveaux modes de financement se mettent en place. Le rendez-vous Agrofinance aura lieu sur le thème : « La créativité au service du financement de l'agroalimentaire ». Figurent déjà parmi les participants aux tables rondes : Olivier Casanova (DAF Tereos) ; J. Ph. Girard (Ania, Eurogerm) ; Ph. Du Mesnil (Ceva) ; Fatine Layt (Oddo) ; Thierry Simon (CACIB) ; Jean-Philippe Puig (Sofiprotéol) ; Bert Van de Vaart (SEAF). Christophe Tournier directeur executif de CMCIC Capital Finance ; Thierry Goubault (p.-d.g. Charles et Alice).
Information et inscription : www.agrofinance.fr