Pour la quatrième fois en six ans, le budget communautaire va être mis à contribution afin d’éponger une partie de l’excédent sur le marché du vin. La Commission de Bruxelles doit en effet proposer au Comité de gestion de l’UE du 7 juin l’ouverture d’une distillation de crise en France et en Italie. Une partie de la production grecque et espagnole va aussi partir à la chaudière. Au total, environ 8 millions d’hl pourront être éliminés du marché cette année. Jusqu’au dernier moment le niveau de prix payé par degré hecto aura fait l’objet d’un débat au sein de la Commission. La demande de la France d’obtenir 4 euros pour les vins de qualité sera difficile à satisfaire.
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Le coût exorbitant de la distillation donne une arme imparable à la commissaire à l’agriculture pour imposer une réforme profonde de l’OCM. Malgré tout, Mariann Fischer Boel s’attend à des négociations «très difficiles». Les mesures d’arrachage et de libéralisation des pratiques œnologiques qui ont les faveurs de la commissaire ont fait l’objet de vives attaques de la part des ministres allemands, espagnols et portugais, à l’occasion du conseil informel qui s’est tenu à Krems, en Autriche, du 28 au 30 mai. Dominique Bussereau, le ministre français de l’Agriculture, l’esprit accaparé par sa volonté d’obtenir la distillation de crise, s’est contenté de faire remarquer que certaines idées de la commissaire sont «intéressantes».