Quels sont les moteurs des changements de pratiques chez les agriculteurs ? Une étude conduite par deux enseignants-chercheurs de l’Esa d’Angers conduit à relativiser l’idée selon laquelle la sensibilité à l’environnement serait déterminante. Il y a seulement quelques mois, les chercheurs ont interrogé 90 viticulteurs des Pays de la Loire, dont une partie avait adopté des pratiques vertueuses (utilisation de produits non cancérigènes, pulvérisation confinée…), d’autres non.
Ils leur ont demandé quelle était leur perception de ces pratiques – quels en sont bénéfices et quels en sont les coûts, les risques, les barrières à leur adoption –, cherchant notamment à savoir si la façon dont les agriculteurs perçoivent le changement a une influence sur son adoption. En comparant ces perceptions aux comportements réels, les chercheurs observent qu’ils ne sont pas toujours corrélés. C’est notamment le cas du « respect de l’environnement », que l’on retrouve aussi bien chez ceux qui ont changé de pratiques, que chez ceux qui ne l’ont pas encore fait.
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Les principaux facteurs d’adoption ou non de ces pratiques sont souvent beaucoup plus concrets. Ils tiennent à la présence ou non d’un atelier de vinification ou d’œnotourisme sur l’exploitation, à la taille de la structure, son statut juridique, son chiffre d’affaires. En somme, au-delà de la fibre écologique revendiquée par les agriculteurs, « concrètement quand on arrive sur le terrain, d’autres enjeux prennent le dessus », analyse Mohamed Ghali, l’un des deux auteurs de l’étude.
Une exception notable tout de même : la sensibilité à la « santé humaine » apparaît comme un facteur déterminant, davantage présent chez les viticulteurs ayant adopté de nouvelles pratiques. Ceux qui changent sont visiblement ceux qui avaient le plus peur pour leur santé.