Le Conseil interprofessionnel des vins de Provence (CIVP) veut être capable de suivre le succès du rosé, tant la hausse de la consommation que la montée en gamme du produit, ont indiqué ses dirigeants le 17 mars, à l'occasion du salon professionnel « Un jour en Provence ». Les professionnels du bassin prévoient d'ores et déjà de planter 2 000 hectares supplémentaires en 2015.
LE vin rosé est un succès tant en termes de consommation que de valorisation, mais les professionnels du rosé de Provence ne voudraient pas que ce phénomène leur échappe. Leur politique vise à accompagner le développement de leur marché, et à augmenter la valeur de leurs produits, car il existe un marché pour cela, ont-ils estimé lors de cette journée destinée au public francilien.
Hausse de la consommation et de la valeur
Le poids du vin rosé en grande distribution représente, en volume, 29,7% des ventes de vin (chiffres de 2013), contre 10,8% en 1990, a présenté Michel Couderc, responsable des études au CIVP. « Nous pensons que cette tendance se poursuivra », a ajouté François Millo, directeur général de l'organisme. L'augmentation de la consommation est une tendance de fond, et non pas un phénomène de mode, qui s'explique par la perception du rosé comme objet de plaisir, analogue au champagne, estime-t-il.
Et cela « avec un positionnement plus élevé en gamme ». Le CIVP y croit. Il note déjà un transfert de volumes de rosés de Provence des circuits les moins valorisés vers les plus valorisés, « accéléré en 2013, et sûrement encore en 2014 ». Il montre une érosion des parts de marché de la grande distribution depuis 2010 et une forte baisse de celle des magasins de hard discount depuis 2008. Parallèlement, la vente directe progresse régulièrement et la part des ventes des réseaux spécialisés (cavistes) suit une pente douce mais ascendante depuis 2010.
Le défi de la pression immobilière
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Des parts de marché peuvent être prises à l'export. Mais pour l'instant c'est l'Italie qui les prend. La consommation mondiale de vin rosé a augmenté de 15% en dix ans (22,3 millions d'hectolitres en 2012 contre 19 millions d'hectolitres en 2002).
La production française augmente. Elle a progressé de 31% de 2003 à 2013, pour atteindre 7 millions d'hectolitres cette année-là.
Pour avoir les moyens de relever tous ces défis, les professionnels devront résister notamment à la pression immobilière, a souligné Jean-Jacques Bréban, président du CIVP. L'organisme a constitué un groupe de travail pour décider quelles orientations prendre à l'horizon des dix ans à venir : face au problème foncier, s'il faut augmenter les rendements, s'il faut planter davantage, à quel rythme et avec quels cépages. Réponse prévue fin juin, lors de l'assemblée générale du CIVP.
Le syndicat de l'appellation des Côtes de Provence a quant à lui lancé un plan collectif, avec la restructuration de 2 000 hectares de vignes : les vignes arrachées seront remplacées, notamment par des pieds palissés et se prêtant à la mécanisation des travaux des champs.