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Vinitech-Sifel 2012 Vin : le combat continue pour réduire les phytos

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Vinitech-Sifel 2012, le salon des équipements et services des filières du vin et des fruits et légumes, qui s’est tenu à Bordeaux du 27 au 29 novembre, a montré que le combat continue pour réduire l’usage des pesticides et pour transmettre les exploitations, alors que la consommation diminue globalement.

 

La longue route vers la réduction de l’emploi des pesticides continue, et même si elle connaît des aléas, les instituts de recherche travaillent sans relâche à améliorer les itinéraires culturaux viticoles. Ainsi, en 2010, en moyenne 14 traitements fongicides ont été réalisés dans le vignoble aquitain. En Bordelais, cela représente un traitement de moins qu’en 2006, a révélé une enquête présentée le 28 novembre par la Draaf d’Aquitaine (Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt).

Propagation des mesures prophylactiques et de l’enherbement

Ce progrès est le résultat de la mise en œuvre de mesures prophylactiques qui se propagent, par des pratiques qui favorisent l’aération de la végétation. Ces pratiques sont l’épamprage (suppression des gourmands, rameaux poussant directement sur le vieux bois, ne portant pas de grappes, et épuisant la vigne), le rognage (suppression de la partie terminale des rameaux, plus sensibles au mildiou), l’ébourgeonnage (suppression de bourgeons pour maîtriser le rendement). « Ces mesures permettent de diminuer de façon significative l’utilisation des pesticides », selon la Draaf.
Les viticulteurs aquitains cherchent aussi à réduire l’emploi des herbicides. Mais avec des résultats hétérogènes. Autant la partie « rive droite » du vignoble bordelais (par rapport à la Garonne) recourt davantage au désherbage mécanique, autant dans la partie « rive gauche », le désherbage chimique exclusif progresse.
Sur la rive droite, le désherbage mécanique exclusif est passé de 6% des traitements des vignes contre les adventices en 2006 à 12% en 2010. Sur la rive gauche, le désherbage mécanique exclusif est passé de 36% à 28%, et le désherbage chimique exclusif a augmenté, passant de 14% à 18%.
Pour réduire l’emploi des herbicides, de nombreux vignerons enherbent les inter-rangs des vignes avec du trèfle, du lotier, du triticale ou de l’avoine, pour que ces plantes prennent la place des adventices. La part des surfaces enherbées est de 94% sur les vignobles de la rive droite, mais de 46% rive gauche.

Trois robots pour réduire l’emploi des pesticides

Pendant ce temps, les constructeurs de machines et les chercheurs travaillent à la mise au point de nouveaux matériels. Le plus en vue lors de ce Vinitech 2012 a été le robot tondeur d’herbe entre les rangs des vignes, fonctionnant à 100% à l’énergie solaire. Il a reçu le prix spécial du jury au Grand Prix de l’innovation du salon. Il sera commercialisé dès mars prochain. En outre, un « smart robot » visera l’optimisation de la conduite de la vigne, en effectuant des relevés sur l’alerte précoce de maladies, la quantité de raisin récoltée. Commercialisation prévue en 2014. Enfin, un robot pulvérisateur est en phase de conception. Il fera de la micropulvérisation pied par pied afin de limiter l’emploi des pesticides, selon l’Institut français de vigne et du vin (IFV).
Parallèlement, cette édition du Vinitech-Sifel a montré que la filière viticole, ainsi que celle des fruits et légumes, cherche des solutions au problème de la transmission des exploitations. Un tiers des agriculteurs spécialisés en cultures légumières ont plus de 55 ans. Cette part monte à 44% chez les viticulteurs et à 50% chez les arboriculteurs, a indiqué Jacky Bonotaux, statisticien de la Draaf d’Aquitaine. Parmi eux, un tiers seulement connaissent leur repreneur. Dans ces secteurs, 2 500 exploitants seront partis dans les dix ans, laissant planer une incertitude sur l’avenir de 1 900 salariés, de 26 000 hectares de vignes (presque tous en Gironde), de 4 600 hectares de vergers (beaucoup en Lot-et-Garonne) et de 2 200 de maraîchage (Lot-et-Garonne et Landes).

Transmission : une panoplie de solutions juridiques

Face à ces perspectives, les juristes proposent des solutions. L’un d’entre elles est la donation-partage. « Plus le donateur est jeune, moins les droits à payer à l’État seront importants », a indiqué Grégory Spez, notaire à Pugnac (Gironde), lors d’une conférence organisée le 29 novembre. Philippe Laveix, notaire et président du réseau de notaires Jurisvin, a précisé les différentes composantes d’un patrimoine viti-vinicole : les éléments perceptibles comme les vignes, les bâtiments, les actifs circulants, et les éléments virtuels, comme le nom du domaine, qui est attaché au propriétaire, et la marque commerciale, qui est attachée à l’exploitant.
Philippe Laveix a fait remarquer que le changement d’affectation des sols, d’une destination agricole à une destination urbaine, va devenir plus difficile, du fait de la fiscalité. Jusque-là, un propriétaire qui détenait un patrimoine agricole depuis 50 ans et qui voulait le transformer, bénéficiait d’abattements. Ce ne sera plus le cas à partir du 1er janvier 2013.
Mais le changement d’affectation des sols, si il peut offrir une solution individuellement, n’est pas une perspective réjouissante pour la profession agricole. « Le déclin, nous ne l’acceptons pas », a déclaré un responsable de Fruits et légumes d’Aquitaine, groupement d’intérêt économique au service des professionnels de la filière du maraîchage et de l’arboriculture en Aquitaine.

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