Thierry Desseauve, co-fondateur du salon WineLab avec Michel Bettane, explique le concept de cet évenement. L’objectif est de faire rencontrer des vignerons passionnés à un public parisien désormais uniquement de professionnels. L'édition 2017 se tiendra le 29 mai dans un lieu volontairement prestigieux : le Carreau du Temple à Paris. L'organisateur « mybettane+desseauve » est, à l’origine, un groupe d’experts en vin dont l’objectif est de guider les amateurs dans leur découverte du vin, notamment à travers le Grand Tasting qui a lieu tous les ans à Paris fin novembre.
La 4e édition du WineLab se tiendra prochainement et ce sera la seconde édition réservée aux professionnels. Pourquoi s’adresser davantage à eux ?
Nous nous sommes aperçus que le WineLab intéressait beaucoup de cavistes, d’agents commerciaux, de restaurateurs. Cela à un tel point que nous avons décidé de nous focaliser uniquement sur ce type de visitorat. Nous allons accentuer cet aspect : le WineLab sera désormais un salon de professionnels. Notre objectif est de montrer l’innovation.
Il existe pourtant déjà des salons réservés aux professionnels. En quoi le WineLab se différencie-t-il ?
Notre particularité par rapport à des salons d’acheteurs professionnels comme Vinexpo (de Bordeaux, New-York et Hong-Kong) ou Prowein (à Düsseldorf) est que nous ne nous adressons pas qu’aux gros opérateurs, mais à tous les types de visiteurs : acheteurs de GMS, cavistes, restaurateurs de quartier. Du côté des exposants, nous n’ouvrons pas le salon à tous les vignerons comme dans un salon lambda, mais nous effectuons un tri sur des critères de qualité. En clair, nous cherchons à apprendre à une clientèle spécialisée des choses qu’elle ne connaît pas encore et qui méritent de l’être, et dans ce domaine il y a du contenu en innovation.
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Les choses ont donc tellement changé dans le vin ?
Le domaine du vin a vécu plus de changements dans les vingt dernières années que pendant les cent ans précédents : les méthodes culturales, la vinification, les styles de vin demandés, les concepts de marques. Quand on discutait il y a trente ans avec les professionnels du vin, il en ressortait que le vin est celui que l’on a toujours fait et que c’est au public de s’adapter. Or il s’avère que le vin a un style et maintenant tous les producteurs se posent la question de savoir si leur produit correspond au marché. Des tendances émergent : par exemple beaucoup de producteurs se mettent au bio. De même, deux vignobles proposent maintenant des vins de qualité, accessibles, faciles à boire et fruités, et avec un rapport qualité-prix incroyable : les Côtes de Gascogne et les vins du Languedoc. On voit aussi de simples IGP (Indications géographiques protégées) proposer beaucoup d’innovation et de diversité.
Pour résumer je dirais qu’aujourd’hui l’état d’esprit est plus ouvert qu’avant à la découverte, y compris pour des vins de l’Orégon, de Lombardie, du Portugal, du Liban et d’Ukraine, et depuis peu de Chine.
Le domaine du vin a vécu plus de changement dans les 20 dernières années que pendant les cent ans précédents