Aux prises avec les sanctions américaines dues au conflit sur l’Airbus et face à l’instabilité croissante de ses marchés majeurs que sont Hong-Kong, la Chine et le Royaume-Uni, la filière viticole a manifesté, le 16 octobre, son « incompréhension devant l’absence de considération des pouvoirs publics ». Elle a boycotté la séance du conseil spécialisé de FranceAgriMer.
Dans ce contexte de fermeture des marchés, la non-consommation de 15 millions d'euros de l’enveloppe des aides de l’OCM vin (sur 280,5 M€) cette année a été particulièrement mal ressentie par la filière. De façon unanime, les syndicats de viticulteurs, de caves coopératives et de négociants se sont levés, ont quitté la salle et ont tenu une conférence de presse à l’entrée de l’établissement.
La filière « attend des actes forts et des réponses concrètes au plus haut niveau de l’État », ont signé dans un communiqué commun la Cnaoc (AOC viticoles), les Vignerons coopérateurs, la Confédération des vins IGP, celle des Vignerons indépendants, la fédération des exportateurs (FEVS) et l’Union des maisons de vin (UMvin, négoce). De plus, la FNSEA et les JA ont signé ce communiqué qui « attend des actes forts et des réponses concrètes au plus haut niveau de l’État ».
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Le contexte de turbulence des marchés « rend d’autant plus incompréhensible et inacceptable la non-consommation de l’enveloppe des aides de l’OCM vin cette année. La filière tient à rappeler une fois de plus, combien elle est attachée à ces mesures, qui doivent être un outil de compétitivité et d’adaptation de notre filière », souligne le communiqué. « Trop c’est trop. On est sous une tutelle agricole qui ne connaît pas l’exportation », s’est exclamé Michel Chapoutier, président de l’Umvin.
Le communiqué, diffusé peu après la conférence de presse, a mis en exergue le décalage entre cette situation et les propos tenus la veille par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire : « Notre pays doit rester une nation de production. Sans production industrielle ou agricole, la France ne serait tout simplement plus la France ».
La non-consommation de 15 M€ de l’enveloppe est particulièrement mal perçue