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VEILLE MARCHÉS Vin : l’Italie reste la plus compétitive

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Dans le concert mondial des pays viticoles, l’Italie est toujours le pays le mieux placé en termes de compétitivité. C’est la conclusion de la veille concurrentielle « vin » 2017, présentée par FranceAgriMer le 21 novembre au Vinitech de Bordeaux. La France, placée deuxième, peut y discerner des voies d'amélioration.

« L’Italie est toujours en tête », indique la synthèse de la Veille concurrentielle 2017 sur le marché mondial des vins présentée par FranceAgriMer au salon Vinitech le 21 novembre. La veille de FranceAgriMer, démarrée en 1998, permet de comparer les facteurs de compétitivité des principaux pays producteurs sur le marché mondial du vin. Lors de la veille concurrentielle de 2016, l’Italie était aussi en tête, et la France deuxième. La France reste deuxième, « mais elle réduit l’écart avec l’Italie », note l’établissement.

L’Italie indépassable pour l’instant

L’Italie est imbattable pour l’instant car elle réunit les critères de compétitivité les plus décisifs. D’abord, parce qu’elle est le premier producteur mondial de vin (48,7 millions d’hectolitres, Mhl, en moyenne des trois dernières années, contre 45,7 Mhl en France). Cela notamment en raison de rendements proches de 80 hl à l’hectare en moyenne triennale, à comparer avec 55,8 en France. Ensuite parce qu’elle dispose d’une gamme très diversifiée de vins, notamment grâce à « une grande réserve de cépages autochtones ».

De plus, elle a opéré un développement de son activité de pépinières de vignes ces vingt dernières années, « un atout de taille dans un contexte de dépérissement du vignoble européen », a souligné Julie Barat, co-auteur de l’étude avec Audrey Laurent, toutes deux de la direction des études et de la prospective à FranceAgriMer. En outre, l’Italie a un avantage non négligeable, une consommation intérieure de vin qui se maintient, le vin étant « ancré dans la consommation quotidienne des Italiens », tandis que les services œnotouristiques très développés, « contribuent au développement de la consommation locale ». L’étude ajoute, comme critères de compétitivité, l’adaptation des vins aux goûts des consommateurs des différents marchés du monde et « un packaging attractif ». D’après cette veille concurrentielle 2017, le renforcement du marketing des marques « devrait s’intensifier », et confiante, l’Italie « a pour objectif d’augmenter son chiffre d’affaires de 30 % dans les trois prochaines années ».

Erosions de la consommation et de la production française

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La France est néanmoins bien placée, puisqu’elle vient juste après l’Italie. Dans ce classement réalisé à l’aide de notes des différents facteurs de compétitivité sur 1 000 points (potentiel de production, climat, capacité à conquérir les marchés, dynamique des investissements, etc.), elle obtient 653 points, contre 659 pour son voisin transalpin. Ses atouts de compétitivité résident dans la notoriété de ses terroirs et dans un réseau solide d’entreprises, avec un portefeuille de marchés très diversifiés. L’étude rappelle les points de faiblesse de la compétitivité française : une consommation domestique qui s’effrite, la production qui s’érode avec la diminution du nombre d’exploitations viticoles, les contraintes encadrant l’irrigation des vignes, l’extension des maladies du bois et les effets du réchauffement climatique, notamment le stress hydrique.

En analysant les forces et faiblesses de la compétitivité dans 13 pays producteurs de vin, la veille concurrentielle a mis en lumière les atouts de compétitivité que développent d’autres pays que la France et l’Italie. Ainsi, l’Espagne marque des points en étant le premier pays exportateur de vin bio, la viticulture américaine bénéficie du dynamisme du marché intérieur des États-Unis et des importations canadiennes et mexicaines, la Nouvelle-Zélande a progressé de trois places depuis la précédente veille concurrentielle, grâce à son engagement dans le développement durable, la compétitivité de l’Afrique du Sud pourrait profiter d’un éventuel Brexit dur pour accroître ses exportations vers le Royaume-Uni. Enfin, l’étude cite les progrès de l’Allemagne en termes de compétitivité. Ce pays, qui a gagné trois places, est encouragé par un marché domestique en plein développement, par des exportations tournées vers les pays de l’Est, scandinaves et baltes, et dispose d’infrastructures logistiques « très performantes ».

Le marché chinois pourrait dépasser le marché américain d’ici dix ans

Le marché intérieur chinois, tout comme le marché intérieur américain, est en croissance, relève l’étude. « Il est particulièrement dynamique et pourrait d’ici dix ans dépasser le marché américain ». La Chine « dispose d’une puissance commerciale à la fois logistique et financière, grâce aux ports d’Hong-Kong et de Shanghaï, qui favorise les transactions. Elle a le potentiel pour devenir une place incontournable du marché mondial du vin », analyse FranceAgriMer. Pour l’instant, le pays « souffre encore d’un manque de structuration et de technicité ». Par ailleurs, l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) a indiqué dans sa note de conjoncture au 19 novembre que le vignoble chinois s’est accru de 6 000 hectares entre 2016 et 2017, pour atteindre 870 000 hectares. À titre de comparaison, le vignoble français s’étend sur 786 000 hectares, selon l’OIV.