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Vin rosé: l’Italie, concurrent redouté du vignoble provençal

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Selon le Conseil interprofessionnel des vins de Provence (CIVP), le vignoble provençal a plus à redouter de son concurrent italien sur le marché mondial du rosé que l’Espagne, qui est pourtant devenue en moins de douze ans le premier exportateur mondial en volume, et de loin, mais avec du rosé d’entrée de gamme.

Paradoxalement, c’est l’Italie, dont la production de rosé a chuté entre 2011 et 2013, sans vraiment s’en relever, que le vignoble provençal regarde comme un concurrent à suivre, et non pas l’Espagne, qui est le premier exportateur mondial, avec 40 % des volumes. L’Espagne occupe 39 % des parts de marché du rosé, la France 14 % et l’Italie 13 % seulement, a révélé l’observatoire mondial du rosé présenté par le CIVP et FranceAgriMer. L’Espagne a progressé de 12 points sur les parts d’exportation en volume depuis 2008. Et cela sur un total d’exportations mondiales qui sont passées de 7,6 millions d’hectolitres en 2002 à 10,6 millions en 2018.

Mais l’Italie joue sur un terrain sensible pour le vignoble provençal, celui de la qualité premium. La France exporte avec un prix moyen de 3,50 € la bouteille de 75 cl, contre 2,40 € en 2014. « L’Italie affiche une nette valorisation du prix moyen : celui-ci est passé de 1,70 à 2,30 € la bouteille entre 2014 et 2018 », d’après l’observatoire mondial du rosé. Or, le vignoble provençal aura besoin d’un positionnement sur la qualité pour conquérir de nouveaux marchés.

La qualité, nécessaire pour défricher de nouveaux marchés

Brice Eymard, directeur général du CIVP, a expliqué en quoi le positionnement qualitatif est plus que jamais d’actualité. « Les États-Unis sont, avec la France, la locomotive du marché, mais le conflit de l’Airbus nous pousse à nous diversifier. Nous comptons explorer des terres encore vierges pour le rosé, comme la Chine », a-t-il indiqué. Les consommateurs chinois sont essentiellement amateurs de vins rouges. Il faudra les initier aux vins rosés. Pour Brice Eymard, cela n’a rien d’insurmontable : « Ce n’était pas facile de faire accepter le rosé aux Américains il y a vingt ans. Nous y sommes arrivés. Demain nous ferons la même chose en Chine. La Provence, par sa notoriété, a vocation à parler du rosé. » Le vin rosé percera sur le marché chinois grâce à des produits premiums, estime-t-il. Le CIVP a mené des opérations d’image du rosé de Provence en Chine, en commençant par les femmes, à travers des actrices. « Les vins de Provence rosés ont créé les conditions de la reconnaissance du rosé à travers le monde en ouvrant des marchés, comme les États-Unis ou les marchés nord-européens, qui n’avaient pas une tradition de consommation de vins rosés », a résumé Jean-Jacques Bréban, président du CIVP.

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La Provence compte explorer des terres encore vierges pour le rosé, comme la Chine

L’exportation française de rosé multipliée par sept en dix ans

L’exportation de vin rosé par la France a été multipliée par sept entre 2008 et 2018, en volumes, selon le CIVP. Les volumes exportés n’atteignaient même pas 60 000 hectolitres (hl). Ils ont dépassé les 410 000 hl. La part de l’export est passée de 7 % à 37 %. Les États-Unis sont le premier marché (46 % de l’export), suivis du Royaume-Uni (12,6 %), puis de la Belgique (6,4 %), de l’Allemagne (5,9 %) et des Pays-Bas (4,5 %).