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Vingt-six départements classés en « crise hydrique »

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Soixante-quatre départements sont concernés par des restrictions d’eau dont vingt-six placés en situation de « crise hydrique » pour certaines zones, selon la carte affichée le 20 juillet par Propluvia, le site du ministère de la Transition écologique qui fait le point sur la sécheresse en France. Les trois quarts des nappes phréatiques présentent un niveau « modérément bas à très bas », a indiqué le 17 juillet le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans son bilan au 1er juillet.

Au 20 juillet, 175 arrêtés ont été publiés pour des mesures de restrictions d’eau, dans 64 départements, selon le site Propluvia. Parmi les départements concernés par les restrictions d’eau, la situation est particulièrement préoccupante en Charente-Maritime. La préfecture a ordonné début juillet des mesures de restriction d’irrigation sur certains cours d’eau en raison de la sécheresse. En Alsace, les agriculteurs sont appelés à mettre en place « rapidement » une gestion concertée « des prélèvements en cours d’eau », a indiqué le 18 juillet la préfecture du Haut-Rhin dans un communiqué. Chaque usager de l’eau est invité à limiter sa consommation. Des restrictions sont instaurées dans le nord de la France, en raison du déficit de pluie depuis le début de l’année et le peu d’évolution attendue d’ici à l’automne, ont décidé le 19 juillet les départements du Nord et du Pas-de-Calais. En concertation avec la profession agricole et le milieu industriel, les autorités ont pris des arrêtés réglementant les usages de l’eau, selon un communiqué de la préfecture de la région des Hauts-de-France. Pour les industriels, l’objectif est de « tendre vers une réduction de consommation d’eau de l’ordre de 10 % ». Pour les agriculteurs, l’arrêté vise des économies d’eau « d’environ 10 % » en interdisant l’irrigation pendant les heures chaudes de la journée (11 h - 17 h).

Les nappes phréatiques en souffrance

Quelque 74 % des nappes ont un niveau « bas à très bas » (70 % au précédent bilan, datant du mois dernier), selon le BRGM. Seuls 26 % des points suivis se situent autour de la moyenne voire plus hauts. Ces quelques rares secteurs se situent au sud du Bassin parisien (les nappes des calcaires de Beauce) et dans les régions de Nîmes et Montpellier. En revanche la vallée du Rhône au sud de Lyon enregistre des niveaux « bas voire très bas ». Autres secteurs à niveaux bas : la nappe de la craie champenoise, les nappes du bassin Adour-Garonne et celle des calcaires jurassiques de Lorraine. Au total, près de 9 points sur 10 (87 %) sont désormais orientés à la baisse, note le BRGM pour qui cette situation de basses eaux « n’est pas totalement inhabituelle pour la période estivale mais elle est tout de même précoce ».

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La sécheresse perdure

En juin, les précipitations ont été très disparates d’une région à l’autre, même si en moyenne la pluviométrie a approché la normale. Des cumuls supérieurs à la normale (de 1,5 à 2,5 fois) ont arrosé le sud de la région parisienne, la Nouvelle-Aquitaine, les Pyrénées-Orientales, le Cantal et la Haute-Loire. À l’inverse, l’est de la Normandie, le nord-est de la Bourgogne-Franche-Comté, l’Occitanie ou le sud de la Bretagne ont connu des déficits de 25 à 60 %, voire 40 à 80 % sur le Nord et le Pas-de-Calais. Les nappes pâtissent d’un hiver globalement sec, avec des précipitations ayant tardé jusqu’en février. Au printemps, les pluies ont été bénéfiques pour la végétation, mais insuffisantes pour alimenter les eaux souterraines.

Les arrêtés se multiplient pour restreindre l’utilisation de l’eau