L’interprofession des vins du Roussillon a fait le choix d’impulser en 2019 une nouvelle stratégie identitaire, ont indiqué les dirigeants du Conseil interprofessionnel des vins du Roussillon (CIVR), lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à Paris le 25 mars. Il s’agira d’affiner la segmentation des vins du Roussillon par une typicité plus prononcée, avec moins de mélanges des vins des différents terroirs dans les coopératives et les établissements de négoce. « Nous avons des terroirs très différents : du schiste, du granit, des sols argilo-calcaires, du galet roulé. Et des climats variés, entre le côte vermeille qui a les pieds dans l’eau, et le maury, fortement marqué par le cépage grenache, qui est entre 350 et 500 mètres d’altitude et peut ainsi revendiquer une certaine fraîcheur », a détaillé Philippe Bourrier, président du CIVR. La récente accession du terroir « Les Aspres » à l’AOC est par exemple marquée par le sol argilo-calcaire et le granit du piémont des Pyrénées. Autant de particularités qui vont être davantage distinguées.
Par ailleurs, le CIVR a pour objectif de passer de 20 % du vignoble actuellement en agriculture biologique (AB) et Haute valeur environnementale (HVE) à 50 % en 2025. Des formations sont en cours pour mener à bien les conversions en bio et l’accession à la certification HVE. « Nous pensons que cet objectif de 50 % est réaliste car nous avons un climat qui permet d’effectuer moins de traitements phytopharmaceutiques que les autres régions. Notre meilleur traitement, c’est la tramontane », a commenté Philippe Bourrier.
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Pour les vins secs du Roussillon, 74 % des volumes sont commercialisés en France, et répartis de façon « valorisante », selon le CIVR : 12 % chez les cavistes, 13 % en CHR (cafés-hôtels-restaurants), 32 % en vente directe, et 43 % en grande distribution. À l’export, les ventes se réorientent vers les pays tiers : 64 % des exportations des vins du Roussillon étaient destinés vers l’UE et 36 % seulement vers les pays tiers en 2012 ; la tendance s’est inversée : en 2018, les pays tiers ont représenté 52 %, et l’UE plus que 48 % des exportations.
Moins de mélanges des vins des différents terroirs pour une segmentation plus fine