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Vins et spiritueux : encore un chiffre d’affaires record à l’export

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L’exportation de vins et spiritueux a dégagé un chiffre d’affaires à l’export record, malgré la vendange historiquement faible de 2017 et des conditions internationales chahutées, a annoncé le 13 février la Fédération des exportateurs (FEVS). Les fondamentaux de la demande mondiale sont dynamiques et de nouveaux pays importateurs émergent.

Les vins et spiritueux ont généré un chiffre d’affaires à l’export record, avec un solde positif en hausse de 1,7% % en valeur, à 11,7 Mrd€, malgré la faible vendange de 2017 et des freins internationaux à l’expansion du commerce : resserrement du crédit en Chine, politique étrangère américaine incertaine, approche du Brexit. Le chiffre d’affaires à l’export a atteint 13,2 Mrd€, le plus haut historique. Les montants exportés augmentent chaque année sans discontinuer depuis 2014. L’exportation a atteint les 10 milliards en 2006. Avant 2006 l’exportation ne dépassait pas la barre des 10 Mrd€.

Le solde exportateur, positif à 11,7 Mrd€, fait du secteur des vins et spiritueux le deuxième poste excédentaire français, juste derrière l’aéronautique, et devant le secteur des parfums et de la cosmétique, selon Antoine Leccia, président de la FEVS.  

Prix plus élevés et ponction dans les stocks

La performance de l’année 2018 malgré l’adversité climatique et politique s’explique en partie par l’augmentation des prix des lots exportés. Cela a été le cas à Bordeaux. « Le prix du tonneau (900 litres) est passé de 1 250 € à 1 550-1 600 € », a indiqué Philippe Castéja, président de la société de négoce Borie-Manoux SA et producteur de grands vins de Bordeaux. Les bons résultats s’expliquent aussi par le fait qu’en 2018 les sorties de chais ont porté pour une large part sur des millésimes antérieurs à 2017. Le vignoble bordelais a surtout exporté les millésimes 2015 et 2016, dont les récoltes étaient suffisamment approvisionnées, ce qui a permis d’exporter normalement, a précisé Philippe Castéja.

Les pays hors UE ont représenté les deux tiers de la valeur des exportations françaises. Les Etats-Unis sont le premier pays importateur de vins et spiritueux français, en valeur (24,3 % des exportations françaises), suivis du Royaume-Uni (10 %), puis de la Chine 7,6 %), de Singapour (6,8 %) et de l’Allemagne (6,6 %). Pour avoir une vision réelle des exportations vers la Chine, il faut aussi ajouter les montants exportés vers Hong-Kong et Singapour, qui sont souvent des hubs de ré-expédition vers la Chine.

La demande asiatique profitera d'accords commerciaux

La FEVS a résumé les fondamentaux du marché : l’Amérique du Nord poursuit la croissance de ses importations, la demande asiatique devrait profiter d’accords de libre-échange concernant le Japon et le Vietnam, l’Europe renferme un potentiel de croissance dans certains pays nordiques, tandis qu’en Afrique de nouveaux marchés émergent.

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L’Amérique du Nord poursuit la croissance de ses importations. En hausse de près de 5%, le chiffre d’affaires des vins et spiritueux français aux États-Unis a progressé pour la dixième année consécutive. Cette dynamique « bénéficie tant aux spiritueux qu’aux vins ». Dans le sillage des États-Unis, le Canada a progressé (+5%).

La demande asiatique devrait profiter d’accords de libre-échange. Du fait de l’entrée en vigueur le 1er février de l’accord commercial signé entre l’UE et le Japon, le démantèlement immédiat des droits de douanes devrait soutenir la dynamique au cours des prochaines années. De même, « nous attendons beaucoup de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Vietnam, dont le nombre d’habitants approche les 100 millions d’habitants, qui sera signé dans les prochains mois », a commenté Philippe Castéja. Dans le reste de l’Asie, la Corée du Sud consolide sa place dans le classement des vingt premiers clients des vins et spiritueux français avec une hausse des ventes supérieure à 5%.

Nouveaux marchés en Afrique

L’Europe renferme un potentiel de croissance dans certains pays nordiques, tels les pays scandinaves, la Lettonie, qui ré-expédie une partie de ses importations vers la Russie, et l’Allemagne, si les prix du vin se détendent.  

En Afrique de nouveaux marchés émergent, notamment en cognac. Les importations de cognac de l’Afrique du Sud ont augmenté de 21 % en volume et en valeur en 2018, et les importations du Nigéria ont progressé de 25 % en volume et de 15 % en valeur, a indiqué Patrice Pinet, patron de Courvoisier et président du Syndicat des maisons de cognac (SMC).

L’export vers les États-Unis a progressé pour la dixième année consécutive