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Visite sanitaire obligatoire : nouvelle formule expérimentée en bovins

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Jusqu’en 2027, les élevages bovins testeront une nouvelle formule de la visite sanitaire obligatoire, qui doit jeter les bases d’un suivi personnalisé en matière de prévention.

Via un arrêté paru au Journal officiel le 16 novembre, le ministère de l’Agriculture expérimente, jusqu’à fin 2026, une nouvelle mouture de la visite sanitaire obligatoire dans les élevages bovins, afin « d’en faire un baromètre du niveau de maîtrise de risque sanitaire ». Il s’agit avant tout de transposer la loi européenne sur la santé animale de 2016, qui prévoit que ces visites servent à détecter « tout signe d’apparition de maladies répertoriées ou émergentes ». S’y est ensuite greffée, au printemps 2023, une demande des professionnels pour rendre la visite « davantage adaptable en fonction des élevages et espèces », retrace Stéphanie Philizot, présidente du SNGTV (groupements techniques vétérinaires).

Instituées par un arrêté du 24 septembre 2015, les visites sanitaires obligatoires, en général bisannuelles, présentent un thème variant à chaque campagne. « Il ne s’agit pas d’un contrôle officiel mais d’un temps d’échange entre l’éleveur et son vétérinaire sanitaire », précise le ministère de l’Agriculture sur son site web. En mettant l’accent sur la prévention, la nouvelle formule jettera les bases d’un suivi de chaque élevage, « en identifiant les points forts et les points faibles et en proposant des pistes d’amélioration », résume Mme Philizot.

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60 % des élevages visités en deux ans

La présidente du SNGTV exhorte les éleveurs à « se saisir de l’opportunité de ces visites prises en charge par l’État », pour échanger avec leur vétérinaire sanitaire. Les pouvoirs publics verseront aux praticiens le montant de 13 AMV (actes médicaux vétérinaires) par élevage visité et 4 AMV pour la préparation (sachant qu’un AMV est fixé à 14,18 € HT). « Jusqu’à présent, la rémunération des visites sanitaires obligatoires en bovins n’était pas très élevée. Avec l’expérimentation, les vétérinaires en feront moins, mais elles seront mieux rémunérées. » Pour les besoins de l’expérimentation, la visite concernera 60 % des élevages de plus de cinq bovins (30 % en 2025 et autant en 2026) ; le dispositif sera ensuite évalué avant d’envisager une généralisation aux autres espèces soumises à visite sanitaire (ovins, caprins, porcins, volailles, équins).

Lire aussi Élevage : Genevard lancera des « Assises du sanitaire » en janvier

Depuis la flambée des maladies vectorielles à l’été, la France affronte simultanément plusieurs épizooties d’ampleur – fièvre catarrhale ovine (FCO), maladie hémorragique épizootique (MHE), influenza aviaire –, et est toujours sous la menace de la peste porcine africaine (PPA). Une multiplication des maladies animales qui a poussé la ministre de l’Agriculture à convoquer des « Assises du sanitaire » en janvier 2025.

Des visites prises en charge par l’État pour échanger avec le vétérinaire