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Visons : premier cas de Covid en France, mais agenda inchangé

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La France a détecté un premier cas de Covid-19 dans un élevage de visons, et programmé l’abattage des animaux. Malgré les demandes de L214 et du député Loïc Dombreval, le gouvernement n’accélère pas pour autant le calendrier qui prévoit l’arrêt de cette activité d’ici 2025.

À l’instar d’autres pays européens, la France a détecté à son tour la présence de Covid-19 dans l’un de ses quatre élevages de visons, en Eure-et-Loir où les mille bêtes à fourrure ont été abattues. Sur les trois autres élevages, l’un est indemne et « des analyses sont encore en cours dans les deux derniers », dont les résultats étaient attendus dans la semaine, selon le gouvernement. Les résultats des tests effectués sur les éleveurs des quatre sites se sont révélés négatifs.

En France, des mesures de surveillance et de sécurité renforcées (masques, lavage des mains, etc.) avaient été mises en place dans ces installations depuis mai, rappelle le gouvernement le 22 novembre. Des analyses ont ensuite été réalisées mi-novembre dans le cadre d’un programme dédié conduit par l’Anses, qui ont mis le doigt sur le cas eurélien.

À la suite de cette annonce, des voix se sont élevées afin de saisir l'occasion de cet abattage massif pour avancer à cette année l’arrêt jusqu’ici programmé en 2025 de ce type d’élevage. Cette échéance de 2025 avait été annoncée fin septembre par la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, dans le cadre des débats autour du RIP (référendum d’initiative partagée) « pour les animaux ». Mais elle n’a pas encore été inscrite dans un texte législatif ou réglementaire.

« Ne pas mélanger » les dossiers

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Parmi les partisans d’un arrêt en 2021, on compte le député LREM Loïc Dombreval. À l’occasion de la séance des questions au gouvernement, le 24 novembre, il a demandé d’organiser l’arrêt dès 2021 des élevages, assorti d’un « accompagnement financier ». Refus de la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, qui a plaidé pour « ne pas mélanger » la pandémie de Covid-19 et l’échéance de 2025. « Le temps de la concertation reste nécessaire », a-t-elle expliqué, faisant référence à une concertation lancée avec les professionnels afin de planifier l’arrêt de ces élevages et leur reconversion.

L214 est sur une position similaire au député vétérinaire : « Quand 84 % des Français sont favorables à une interdiction (Yougov, 2018), qu’il ne reste plus que quatre élevages de visons sur notre territoire et que nos voisins européens les interdisent les uns après les autres, il est inconséquent que notre pays prévoie un tel délai d’application pour cette décision », plaide l’association abolitionniste dans un communiqué le 24 novembre.

L124 demande, en conséquence, la sortie « immédiate » du « plan de sortie de l’élevage de visons » annoncé par le gouvernement. Et elle plaide de nouveau pour la fin du commerce de peaux de visons, qui n’avait fait l’objet, quant à lui, d’aucune annonce.

« Le temps de la concertation reste nécessaire », selon Barbara Pompili