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Viticulture : après le nouvel épisode de grêle, le temps des comptes

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Après le nouvel épisode de grêle qui a frappé une partie du vignoble français le 27 mai, le temps des comptes est venu. Les professionnels font leurs estimations des dégâts, tandis que le ministre de l’Agriculture prévoit des mesures d’allégement des coûts.

Les syndicats de viticulteurs commencent à faire connaître leur premier chiffrage des dégâts dus à la grêle du 27 mai, dégâts qui ont atteint surtout la Bourgogne, la région de Cognac et le Sud-Ouest. En Bourgogne, le vignoble de Chablis a été de nouveau frappé par la grêle, après l’attaque du 13 mai et après le gel de fin avril. Cette fois, le 27 mai dans l’après-midi, 200 à 300 hectares de vignes ont été atteints à 80 % dans le Chablis, sur les 5 000 que compte le vignoble, estime-t-on à la CAVB, la Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne. Dans l’Auxerrois, 350 hectares ont été frappés à 80 %, sur les communes de Saint Bris et d’Irancy.

Dans le Beaujolais, l’interprofession Inter Beaujolais estimait le 31 mai entre 1 000 et 2 000 hectares la surface grêlée. C’est surtout l’appellation chiroubles qui a été atteinte.

À Cognac, ce sont 5 500 hectares qui ont été touchés, « dont 3 000 à plus de 80 % », sur les 75 000 hectares du vignoble. Parfois profondément, jusqu’au niveau du cep, entamant dans ce cas la récolte 2017. Des réunions avec les préfectures sont en cours, en ce tout début juin, pour mesurer l’étendue des dégâts et étudier les mesures d’allégement des charges. La grêle a aussi frappé, dans le Sud-Ouest, notamment les appellations madiran et pacherenc, grêlées à environ 10 %.

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Suite à ces rafales de grêle, la FNSEA a demandé aux pouvoirs publics, dans un communiqué du 30 mai, de déclarer l’état de catastrophe naturelle pour les zones concernées. « Chablis, cognac et beaujolais ont été meurtris, c’est aux préfets désormais de prendre la mesure des dégâts et la seule mesure qui convienne : l’état de catastrophe naturelle pour les zones concernées ». Le vignoble du cognac, à travers l’Union générale des viticulteurs pour l’AOC cognac (UGVC) et le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC), a rencontré le préfet et ses services le 2 juin. Il devrait en ressortir des mesures de compensation au chômage partiel et une exonération de la taxe sur le foncier non bâti pour les viticulteurs concernés. La MSA a donné son accord pour un report de cotisations au titre de 2016, 2017 et même de 2018 pour ceux qui devront replanter les ceps détruits, a précisé l’UGCV.

En écho à ces évaluations et à ces demandes, le ministre de l’Agriculture a demandé aux préfets et aux banques des mesures en faveur des viticulteurs touchés par le gel et la grêle, a-t-il fait savoir par un communiqué le 31 mai. Il a demandé aux préfets de « tout mettre en place » pour que les exploitants concernés puissent avoir un accès au chômage partiel pour leurs salariés, de solliciter un dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti pour les parcelles grêlées, et aussi de solliciter auprès des caisses MSA un report du paiement des cotisations sociales. Il a demandé également aux établissements financiers de « proposer aux viticulteurs sinistrés les solutions leur permettant de passer ce cap difficile ».

En Bourgogne, le vignoble de Chablis a été de nouveau frappé par la grêle, le 27 mai : 200 à 300 hectares de vignes ont été atteints à 80 %