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Viticulture : peut-on doubler les rendements en Languedoc ?

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Peut-on atteindre un objectif de production de 150 hl/ha en Languedoc ? Cette question aurait été jugée totalement farfelue, il y a encore quelques temps où le modèle AOC était promis à tous. Les choses ont bien changé puisqu’elle fut l’un des thèmes d’une conférence organisée par Vinseo (Association de fournisseurs de la filière en Languedoc-Roussillon) dans le cadre du Sitevi. Techniquement, ce doublement des rendements serait possible au moins sur une partie du vignoble, selon Gabriel Ruestch, œnologue chez Foncalieu. « Il ne s’agit pas de faire pisser la vigne mais de raisonner différemment ». Et selon Olivier Zébic, l’un des animateurs de Vinseo, la production de gros rendements exigerait même davantage de professionnalisme qu’une production plus faible. Au-delà de l’aspect technique, c’est une toute autre manière d’envisager la viticulture qui est proposée. Sur le modèle Jacques Vabre qui, selon les origines du café, propose tel ou tel arôme. « Pourquoi ne pas imaginer cela pour le vin ? Pourquoi ne pas simplifier la carte du vignoble languedocien en créant des zones spécifiquement dédiées à la production d’arômes de fruits frais ou d’agrumes, axé sur la couleur afin de développer une viticulture rentable », propose Olivier Zébic. Certes, rappelle Patrick Aigrain, directeur de la prospective chez FranceAgriMer, dans une stratégie coût/volume, le principal diviseur des coûts est le rendement. Mais opter pour une telle stratégie, c’est se résoudre à affronter une compétition mondiale. Stratégie qui va aussi se heurter à un facteur limitant : l’accès à l’eau. Et puis, autre question qui reste posée : le Languedoc ne souffre-t-il pas davantage d’un problème d’écoulement de la production que d’une nécessité d’augmenter les rendements ?

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