Dans la lignée d'une année complexe pour les céréales, mauvaise récole 2013 puis cours en baisse depuis plus de 16 mois, la coopérative gersoise Vivadour s'appuie sur la diversité de ses filières pour maintenir la rémunération de ses adhérents.
« Avec les déplorables conditions de semis de 2013, nous n'avons collecté que 450 000 tonnes de maïs et depuis nous sommes touchés par la baisse des prix. Le maïs est passé de 230 à 145 euros en 16 mois, donc effectivement, c'est une situation compliquée sur cette production », explique Franck Clavier, directeur général de la coopérative présidée par Christophe Terrain.
Les autres productions assumées par Vivadour ont mieux tiré leur épingle du jeu dans l'exercice clos cet automne : les productions de semences, par le partenariat avec Pioneer et les potagères dont la coopérative est obtentrice (pois haricots, courgettes, tomates et concombre). La production de volaille a progressé de 7 à 10 millions de têtes avec la fin du programme d'investissements en bâtiments, 50 % en volailles de qualité et 50 % en standard. La croissance est tirée par la progression de la demande de volailles standards livrées principalement dans la région et sur Toulouse depuis les deux abattoirs de Condom et Saramon.
En foie gras, l'année fut aussi compliquée pour la filière Delpeyrat. Le repli du marché a généré un report de stock et Vivadour a livré 1,5 million de têtes à l'entreprise landaise. Mais c'est localement que les progrès ont été les plus sensibles sur ce secteur avec l'IGP foie gras du Gers ancrée à l'abattoir de Samatan. « Nous sommes arrivés là aussi au terme de nos investissements sur cet outil, et la production est montée en puissance plus vite que prévu avec une capacité déjà atteinte de 500 000 à 600 000 têtes par an. » Reste maintenant à finir la conversion des élevages à la cage collective. « Nous n'avons pas d'inquiétude, nous serons prêts fin 2015, nous avons déjà équipé 60 % des élevages et nous sommes maître de notre approvisionnement en matériel. »
Développement en bovins
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Mais c'est peut-être dans le bovin que le développement est le plus sensible, et notamment la filière veau de boucherie lancée l'année passée qui a déjà atteint 5 M€ de chiffre d'affaires pour 5 000 veaux, auxquels viennent s'ajouter 10 000 vaches engraissées dans le Gers, pays traditionnellement exportateur de maigre. Une filière jeune bovin est également à l'étude avec Bigard. « Nous vérifions dans quelle mesure cette production peut profiter à nos éleveurs, nous sommes encore en phase expérimentale », souligne Franck Clavier.
résente aussi dans le vin par une union de commercialisation (CVG) avec la coop de Gerlan, ivadour a abandonné la mise en bouteille pour se concentrer sur une offre segmentée en vrac. es vins issus des adhérents des deux coops mais aussi des caves particulières chez qui l'union pu segmenter les produits. S'il souhaite rester discret sur les chiffres exacts des résultats de l'en-reprise, Franck Clavier annonce 450 M€ de chiffre d'affaires, 125 millions d'euros de fonds ropres, 10 M€ d'investissements annuels en autofinancement et une autonomie financière de 0 %. Les derniers investissements en date ont concerné 20 000 tonnes de stockage, la reconfiguration e l'usine de semences à Riscle dans le cadre du programme Pioneer Milllenium (4000 ha pour ivadour) et l'abattoir de Samatan. YANN KERVENO
EN pleine polémique autour du barrage de Sivens, Vivavour continue de plaider pour la réalisation de petites retenues collinaires, moins de 50 000 m3 dans la campagne gersoise. Son programme Eaux Vives a permis de recenser 160 projets de retenues chez les adhérents de la coop qui a déployé un service spécifique au développement et à l'instruction des dossiers. Par ailleurs, un fonds de 1,2 million d'euros a été abondé pour ce travail et amorcer les démarches. « Le dépôt de dossier coûte à lui seul 15 000 euros, ce fonds doit permettre d'effectuer ce pas là, avec un projet parfaitement étudié et en discussion permanente avec l'administration », précise Franck Clavier. Des retenues pour irriguer le maïs, mais aussi les céréales d'hiver, la vigne, les productions bios…