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Edito Voix au chapitre

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S’il n’y avait pas eu en même temps la grève du lait, s’il n’y avait pas eu la contestation de l’accord sur le prix, s’il n’y avait pas eu, en remontant dans le temps et en changeant de domaine, la fronde des céréaliers d’Ile-de-France lors du débat sur le bilan de santé, le tohu-bohu du salon Space, le 15 septembre, aurait pu passer par pertes et profits pour le syndicalisme majoritaire. Mais il y a eu tout cela. Plus grave, il s’agissait davantage d’un mouvement spontané que d’une opération savamment montée par des états-majors de syndicats agricoles minoritaires. Y compris au sein de la FNSEA, on constate qu’il y a un malaise, sur le terrain, et qui tend à bousculer quelque peu le syndicalisme traditionnel.
La disparition progressive de la Pac et la remise en cause de repères économiques, le fait d’avoir un État français moins à l’écoute – en témoignent les propos rapportés de Nicolas Sarkozy –, la vision de plus en plus économiste de la FNSEA elle-même, en sont sans doute les causes principales.
Pour toutes ces raisons, il devient indispensable de ne plus laisser une frange importante des agriculteurs sans voix au chapitre dans les instances, s’il en est, qui ont un rôle de régulation des marchés. A condition, évidemment, que les syndicats minoritaires concernés acceptent de rentrer dans une logique également économique. La situation syndicale laitière serait-elle ce qu’elle est devenue si, plutôt que de la contester de l’extérieur, les syndicats minoritaires avaient eu leur place dans l’interprofession ? Ce qui est vrai du lait l’est aussi des autres catégories de producteurs. L’enseignement de ces derniers jours, de ces derniers mois, est peut-être d’abord qu’il faut redoubler d’écoute et de dialogue et faire une place à tous ceux qui se sentent laissés pour compte.

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