Attention aux bilans, s’inquiète Patrick Sadones, ingénieur agronome, ancien membre de la Confédération paysanne et du Réseau Action climat. Celui qui a participé à l’étude de l’Ademe sur les bilans énergétiques et environnementaux des biocarburants, au nom du Réseau Action climat et de France Nature environnement explique pourquoi, à ses yeux, l’avantage environnemental des biocarburants issus des graisses animale est discutable. Si les graisses animales auparavant incinérées pour produire de la chaleur par certaines unités de production des groupes Mousquetaires et Saria trouvent un autre débouché avec la production de biodiesel, les sites qui brûlaient ces graisses risquent de les substituer par des énergies fossiles, plombant le bilan carbone de la chaîne considérée dans son ensemble, avertit Patrick Sadones. Pour lui, l’avantage fiscal conféré à ces biocarburants n’est donc pas justifié, ni le double comptage dont ils bénéficient au nom de la directive européenne sur la durabilité des biocarburants. « Ce type de projets (Estener ou celui de Sofiprotéol) pourrait présenter de l’intérêt si dans les chaudières les graisses étaient remplacées par du bois », à condition, nuance-t-il qu’une analyse de cycle de vie soit là aussi menée.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.