Le partenariat annoncé entre Sofiprotéol et LDC témoigne d'une volonté de renforcement de la filière volaille française. Les deux entreprises veulent reconquérir le marché domestique, approvisionné à plus de 40 % par les importations étrangères. Sofiprotéol va entrer au capital de LDC de manière marginale.
LDC, le premier groupe volailler et le groupe industriel et financier Sofiprotéol ont annoncé le 17 octobre la signature d'un important projet d'alliance. Ces deux groupes ont décidé de mettre en commun leur savoir-faire dans la volaille, renforçant ainsi leurs poids respectifs dans la nutrition et les productions animales. Cet accord qui s'inscrit dans « la performance », selon Denis Lambert, a pour « premier objectif de reconquérir le marché français ». Un marché qui enregistre une forte croissance, avec une augmentation de 60 % de la consommation depuis 1990 à plus d'un million de tonnes en 2013, alors que dans le même temps, les importations de volaille ont elles aussi fait un bond en avant, puisque que 42 % de la viande de volaille consommée sur le territoire nationale sont importés (contre 8 % en 1990). Essentiellement présent dans la GMS, LDC (marques Loué, La Gaulois, Maître Coq), va ainsi accélérer son déploiement vers la RHD.
11 SITES DE VOLAILLE EN BRETAGNE
Concrètement, selon les termes de ces accords, le pôle animal de Sofiprotéol (7 Mrd € de CA), via sa filiale Glon-Sanders (1,9 Mrd € de CA) va céder à LDC (3,026 Mrd € de CA) ses activités d'abattage de volaille et de produits élaborés situés en Bretagne, soit 5 sites (Boscher volailles, Volailles de Keranna, Farmor, Robichon et RVE), représentant un chiffre d'affaires de 310 millions d'euros (1 000 personnes). Ces sites seront regroupés avec les six sites bretons appartenant à LDC (sur un total de 38 sites en volaille actuellement, dont 4 en Pologne) au sein d'une nouvelle entité : la Société bretonne de volaille, dans laquelle Sanders prendra une participation minoritaire. 100 millions d'euros seront investis dans les 5 ans à venir sur l'ensemble des sites concernés. LDC doit également acquérir le site d'abattage de dindes de Blancafort (20 millions d'euros de CA et 125 personnes) dont l'approvisionnement sera assuré par le site de nutrition animal de Sanders situé à Clémont. De quoi créer une nouvelle dynamique dans la volaille en région Centre, ont indiqué les intéressés, qui ont également précisé que leur projet, qui doit encore être soumis aux représentants du personnel, n'aura pas de conséquence sur l'emploi.
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MOUVEMENTS CAPITALISTIQUES
Ce partenariat est à double sens, puisqu'il est prévu que LDC cède ses activités aliments hors volailles (Huttepain à Bouix dans la Sarthe) à Sanders. Cette société prévoit 75 millions d'euros d'investissements industriels dans ses outils de nutrition et de productions animales dans les 5 ans. Il est également prévu que Sofiprotéol entre au capital de LDC de façon « marginalement minoritaire », a précisé Jean-Philippe Puig, le directeur général de Sofiprotéol, mais assez néanmoins pour que le groupe obtienne un siège au conseil d'administration du groupe volailler. De fait, au dernier pointage, la famille Lambert, l'actionnaire majoritaire de LDC, détenait 41,96 % du capital, aux côtés des familles Chancereul (18,53 %), Huttepain (9,55 %), Guillet (4,22 %) de la coopérative des Fermiers de Loué (Cafel) (10,11 %), le public et l'autocontrôle représentant 15,63 %. Aucun détail n'a été donné sur la nouvelle répartition du capital de LDC.
De même, les sociétés n'ont donné que très peu de chiffres sur l'opération et ses répercussions financières, mais LDC assure qu'il communiquera plus avant sur le sujet, lors de la publication de ses résultats semestriels fin novembre. Les analystes d'Oddo évaluent à 50 millions d'euros, le prix déboursé par LDC pour cette alliance (en plus des 100 M€ d'investissements). Les analystes, qui estiment que l'opération annoncée pèsera sur les résultats de LCD en 2015/2016, concluent leur note en disant que « LDC se renforce en France – un marché compliqué – et une acquisition à l'international – un véritable relais de croissance selon nous – est retardée ».