Vingt et un industriels du secteur de la volaille et deux fédérations professionnelles ont été sanctionnés par l'Autorité de la concurrence pour entente sur les prix entre 2001 et 2007, à une amende globale à 15,2 millions d'euros. Un montant revu à la baisse pour tenir compte des difficultés de la filière et surtout de son engagement à constituer rapidement une interprofession.
Une fois n'est pas coutume, le gendarme de la concurrence a fait preuve de clémence. Tout en sanctionnant vingt et un industriels du secteur de la volaille, dont LDC (marques Loué, Le Gaulois, etc.), Duc et Gastronome, et deux fédérations professionnelles pour entente sur les prix entre 2001 et 2007, l'Autorité de la concurrence « dérogeant, comme elle le dit-elle même, à sa méthode habituelle de détermination des sanctions », a réduit le montant de l'amende globale à 15,2 millions d'euros contre 20,45 millions initialement. Si la plupart des entreprises n'ont pas contesté les faits, l'Autorité a également tenu compte des difficultés rencontrées par la filière. Elle a surtout considéré « que l'engagement collectif de mettre en place une interprofession (…/…) pris par des industriels représentant l'essentiel du marché est susceptible d'avoir, pour le respect durable des règles de la concurrence dans le secteur de la viande de volaille, une plus grande efficacité que des sanctions pécuniaires calculées selon la méthode habituelle ». La Fédération des industries avicoles (FIA) et 17 des industriels mis en cause, représentant la quasi-totalité du marché « ont souscrit un engagement collectif inédit consistant à travailler à la mise en place d'une interprofession entendue, c'est-à-dire intégrée à l'aval en recherchant la participation de la grande distribution », est-il indiqué dans le communiqué.
Tout en rappelant le principe de la loi, Bruno Lasserre, le président de l'Autorité de la concurrence, a énuméré lors d'une conférence de presse le 6 avril, un certain nombre d'éléments, tel que « la flambée des cours des céréales en 2007 », comme autant de circonstances atténuantes à cette entente. Pour autant, il a insisté sur la vision courttermiste de ces pratiques, qui plus est inefficaces. Pour preuve, les importations de volailles qui en 2001 représentaient 20 % de la consommation, atteignent 40 % maintenant, a-t-il indiqué. De fait, l'Autorité de la concurrence estime que « les échanges portant sur les prix de gros constatés ne poursuivaient pas un objectif illégal en soi, objectif qui pourrait d'ailleurs être facilement atteint par des moyens légaux dans le cadre d'une interprofession bien organisée ».
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À noter que l'entreprise la plus lourdement sanctionnée est LDC Sablé, avec 5 millions d'euros de pénalité. Un montant à comparer au chiffre d'affaires de 3,02 milliards d'euros annoncé par le groupe volailler sur son exercice 2014/2015.