Le groupe breton Eureden accélère le développement d’une démarche « bien-être » en production de dindes. La coopérative polyvalente ambitionne la construction de soixante préaux d’ici deux ans.
Le second préau accolé à un bâtiment de dindes du groupement volailles de chair d’Eureden (300 éleveurs, dont 170 spécialisés en dinde) a été présenté à la presse le 27 août à Plouvien (Finistère). Deux frères, Xavier et Lionel Rivoal, ont investi 170 000 € dans un préau entièrement grillagé de 600 m2, auquel les animaux ont accès après 42 jours de croissance, le temps de faire leurs plumes. Le préau est positionné dans la longueur d’un bâtiment de production de 1 500 m2. Exploitant trois autres bâtiments de même surface (non équipés de préaux), les deux frères ont investi « pour améliorer le confort des animaux et [leurs] conditions de travail, notamment en ce qui concerne la gestion de la litière », racontent-ils.
Échafaudé à partir de 2017 avec l’ONG Welfarm, le concept du groupement volailles de chair d’Eureden est intégré dans une démarche d’entreprise globale appelée « Well faire ». Le cahier des charges prévoit une surface de préau sur terre battue et litière représentant 40 % de celle du bâtiment de production. Le cheptel est une souche à croissance lente (dinde à plumes noires dite bronzée, par opposition aux plumes blanches des souches de dindes classiques), sans chargement supplémentaire. De fait, la densité de ce type d’élevage est moindre, de l’ordre de 5,5 dindes par m2, contre 7,5 dans un système standard.
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Après Plukon, discussions avec LDC
Aussi vertueux soit-il, ce système de production était sans doute, à l’époque, un peu trop en avance. « Au départ, personne n’était intéressé par ce mode d’élevage en France, rappelle Franck Loric, directeur du groupement. Jusqu’à ce que la branche française du néerlandais Plukon nous appelle en 2021 pour approvisionner un distributeur hollandais. » Les premières livraisons ont eu lieu l’année suivante. Pour amortir leur équipement, les Rivoal disposent d’un contrat de sept ans dont la rémunération doit permettre une marge poussin-aliment (prix de vente déduit de l’achat de dindonneaux et d’aliment) « supérieure de 30 % à celle du standard », dit Xavier Rivoal. Les adhérents d’Eureden disposent en plus d’une aide directe de leur coopérative correspondant à 40 % de l’investissement.
Depuis, le marché s’intéresse de plus en plus à ce type d’élevage. Eureden discute actuellement avec LDC pour écouler sa production. De quoi assurer des débouchés pour la trentaine de bâtiments avec préaux prévus d’ici le début de l’année prochaine, le double sous deux ans. Une quarantaine de permis de construire ont déjà été déposés. Avant même de démarrer leur premier lot de dindes sur préau (prévu le 2 septembre), les Rivoal projettent d’équiper un second bâtiment d’un préau, normalement en 2025. Pour tous ces éleveurs, s’orienter dans cette démarche bien-être est une excellente manière de redonner de la valeur à leurs bâtiments pour garantir à terme leur transmissibilité, soulignent les représentants du groupement.