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Il y a un aspect qui n’a pas beaucoup retenu l’attention dans l’analyse des revenus agricoles : le volume produit par la fameuse « ferme France » est en baisse. Une réduction de 3,3% qui se répartit sur à peu près toutes les productions sauf les céréales qui progressent de 7,3% et quelques plantes industrielles (+14,6%). L’ensemble des productions d’élevage ainsi que le vin, de même que les fruits et légumes, les betteraves, etc sont touchés par cette réduction. S’il y a une amélioration de la valeur de ce qui est produit, c’est essentiellement à cause de la hausse des prix qui est de 8,6%, nous indique l’Insee.
D’une certaine manière on pourrait s’en féliciter : on vend plus cher nos produits agricoles : ils ont plus de valeur, la société est prête à mieux reconnaître cette valeur des produits, alimentaires ou non, qui sortent du sol ou des étables.
S’en contenter serait faire un calcul à courte vue. Moins de produit, en volume, signifie que les rendements sont moins bons, ou qu’on utilise moins bien les terres ou facteurs de production. Moins de rendements, c’est un pas supplémentaire vers moins de compétitivité. Cela implique qu’on investit moins. D’ailleurs, les mêmes statistiques de l’Insee nous indiquent que la « consommation de capital fixe », l’investissement en somme, stagne en volume (+0,2%). Ce n’est pas bon. On reproche parfois aux agriculteurs de surinvestir en machines agricoles. Ne pas investir du tout est pire encore. Cela signifie que les exploitations vieillissent, ne se modernisent pas assez. Ou si elles se modernisent, c’est essentiellement pour répondre à de nouvelles normes. Pas pour être plus compétitif. Cela montre aussi qu’on sacrifie en quelque sorte l’agriculture de demain au profit d’un revenu aujourd’hui. A l’heure où le gouvernement veut inventer un « produire autrement » il faut sans doute prendre conscience que cela passe avant tout par de l’investissement. Pour produire plus autant que mieux.
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