Une nouvelle fois, à l'occasion des élections européennes, s'ouvre le procès de l'Union européenne. Comme s'il fallait encore mettre sur la table le positif et le négatif de la construction politique qui a d'abord vu naître la politique agricole commune. Les Français ne sont-ils pas suffisamment adultes pour accepter une institution qui, si elle n'est pas parfaite et doit être sans cesse réformée, doit maintenant faire partie du paysage ? Certes, il est très facile à des démagogues d'extrême droite ou d'extrême gauche de faire croire, à coups d'arguments simplistes, parfois imbéciles, que la situation serait plus favorable en quittant l'Union européenne voire, déjà, en abandonnant la monnaie unique.
Se recroqueviller entre soi peut souvent sembler rassurant. Mais cela conduit toujours à un affaiblissement.
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Bon nombre de Français ont raison de s'estimer insatisfaits de l'Europe : elle est trop tatillonne dans ses règlements qui nous touchent ; elle n'assure pas suffisamment d'harmonisation entre les 28 pays ; elle n'est pas suffisamment présente en tant que telle, sur les lieux de tension, comme aujourd'hui l'Ukraine ; elle opte trop pour la pensée unique qu'est le libéralisme et des accords de commerce sans contrepartie sérieuse, etc.
Face à tout cela, la bonne réaction ne consiste pas à boycotter des élections comme celles du Parlement de Strasbourg. Elle consiste au contraire à voter, pour ceux qui ont envie de donner de l'ambition à l'Europe. Voter et faire voter. Que ceux qui savent plus que les autres ce que l'Europe a apporté, comme les agriculteurs, soient parmi ceux qui veulent conjurer l'effet désastreux de l'abstention.