On se fustige à tort ? Si les reculs de la France sur les marchés agroalimentaires sont devenus une préoccupation officielle, les témoignages donnés au 9e AgroFinance laissent des impressions beaucoup plus positives. Malgré l’affluence de près de 300 professionnels, c’est dans un esprit tout à fait proche du terrain que les sujets difficiles ont pu être abordés avec franchise. Et que le diagnostic de la mission Rouault sur les écarts de compétitivité a pu recueillir des échos très variés, et même des réactions un peu brusques. L’efficacité ne fait pas défaut aux meilleurs de nos producteurs ni à nos entreprises, du moins sur le plan de la technique, de la qualité et de la productivité. L’efficacité économique, elle, n’y est pas toujours. Sans doute parce que nos opérateurs font la course mais avec plus d’entraves que leurs concurrents. Ces handicaps ne sont pas les mêmes tout au long de la chaîne amont-aval, mais la plupart sont aux mains des pouvoirs publics, liés à un certain autisme des administrations quand elles fabriquent un mille-feuille réglementaire, d’autres sont dus à la pratique du syndicalisme agricole, d’autres à la culture entrepreneuriale, aux réflexes patrimoniaux et à certaines frilosités du monde financier.
Ce qui est sûr, c’est que les chefs d’entreprises attendent des politiques qu’ils s’occupent enfin d’améliorer les conditions dans lesquelles s’exerce l’activité industrielle, notamment en faisant la chasse aux distorsions de concurrence et, pour commencer, à l’intérieur du marché européen. Et cela suppose de n’être « ni naïf ni inactif », nous dit l’un d’eux. « La stratégie des entreprises, en revanche, nous nous en occuperons ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.