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Wel2be apporte une solution efficace et non intrusive dans les abattoirs

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De gauche à droite, Laurent Gautier et Vincent Gauthier, les cofondateurs de Wel2be, avec une partie de l’équipe. Crédits : © Wel2be

Wel2be a développé une solution non intrusive utilisant l’IA qui permet d’apporter la preuve de l’étourdissement des porcs avant l’abattage. La société qui lancera une campagne de financement sur la plateforme GwenneG mi-février espère pénétrer rapidement le marché européen.

En complément de l’action de l’homme, la technologie non intrusive de Wel2be permet d’apporter la preuve de l’étourdissement des porcs avant l’abattage, conformément à la réglementation, mais aussi à une demande sociétale de plus en plus forte. « Notre système qui repose sur l’IA, fonctionne par deap learning et permet de vérifier s’il y a ou non réflexe cornéen provoqué par l’envoi d’un jet d’air. Il existe d’autres indicateurs de reprise de conscience chez le porc, mais nous avons sélectionné l’un des plus fiables », explique Laurent Gautier (CEO), cofondateur de Wel2be avec Vincent Gauthier (CTO) en 2020

Cette innovation a été mise au point avec le concours de l’Ifip et de l’Idele, des partenaires incontournables, jusqu’à la preuve du concept visant la commercialisation de cette technologie baptisée CET’Automatique. « Des recherches sont toujours en cours sur le bovin avec l’objectif de sortir un outil de contrôle en abattoir plutôt en 2025 », précise Laurent Gautier. 

Lire aussi : Exoscarne, une solution pour réduire la pénibilité dans le secteur de l’abattage découpe

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La solution de Wel2be pour les porcs est commercialisée auprès de quelques abattoirs en France qui veulent que cela reste confidentiel « parce qu’ils considèrent que notre technologie est une avancée forte vis-à-vis de leurs concurrents », indique le cofondateur. Dans certains pays dont le Royaume Uni et l’Espagne, la vidéo protection est obligatoire dans chaque abattoir. En France, certains grands donneurs d’ordres obligent leurs fournisseurs à l’utiliser cette vidéo protection pourtant décriée pour son caractère intrusif, mais qui permet d’apporter une preuve en cas de contestation. « Notre solution permet de sécuriser le dialogue entre tous, consommateurs, donneurs d’ordres et abattoirs », explique encore Laurent Gautier. Un système que Wel2be a fait auditer par le bureau indépendant Être, spécialisé en éthologie dans le monde de l’abattoir et fondé par la chercheuse Cécile Bourguet qui a conclu « à une avancée majeure pour la protection animale, parce que 100% des animaux sont contrôlés grâce à cet appareil, qui complète le travail de l’homme », souligne-t-il.

Une levée de fonds à venir

Après le porc, Wel2be travaille aussi sur la volaille, « la viande la plus consommée au monde et la seule dont les ventes sont en progression, souligne Laurent Gautier. En novembre 2022, Wel2be a intégré le projet européen Awish qui regroupent 24 partenaires, et seulement 2 français avec Itavi. Le but de ce projet, d’une durée de 4 ans, vise à trouver des indicateurs de la bientraitance animale de la naissance à l’abattoir. « Nous sommes la plus petite entreprise du programme, mais sur 24 partenaires, nous bénéficions du 8ème budget. Ce qui va nous permettre d’accélérer notre R&D dans la continuité de ce que nous faisons déjà sur le porc et également sur la volaille avec Itavi », indique-t-il. Awish est une belle vitrine pour permettre à Wel2be de se faire connaitre au-delà de la France. « Grâce à ce programme, nous espérons pénétrer rapidement les autres marchés européens pour installer notre technologie sur le porc, notamment en Espagne, au Danemark, aux Pays-Bas et aussi en Allemagne », confie Laurent Gautier qui part d’ailleurs en mission en Espagne pour y promouvoir son système dans les élevages de porcs.

Autofinancé au démarrage, la start-up a été aidée ensuite par différents programmes de la Région Bretagne et du soutien bancaire. Aujourd’hui, « nous sommes en train de chercher des fonds. Nous arrivons à un moment où nous devons nous développer à l’export, vers l’Espagne dans un premier temps et ensuite les pays européens où il y a de l’abattage. Nous lancerons mi-février 2024, une campagne de financement sur la plateforme GwenneG (« petit sou » en breton, ndlr), pour un montant de 400 000 euros en fonds propres pour gagner en notoriété, accélérer la commercialisation à l’export et continuer notre R&D », indique encore le dirigeant.