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FNSEA Xavier Beulin va inviter les signataires de l’accord du 3 mai

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Xavier Beulin, président de la FNSEA, va inviter les signataires de l’accord du 3 mai (sur les négociations entre fournisseurs et distributeurs en cas de forte évolution des prix) à une réunion avant le 11 septembre. À l’occasion de sa conférence de presse de rentrée le 29 août, il a livré son analyse du contexte de flambée des prix actuelle en insistant sur la nécessité pour les grandes surfaces « de faire preuve de discernement » et d’accepter l’ouverture de négociations sur la répercussion des coûts de production des agriculteurs (lire également le dossier Evènement en début de numéro).

Objectif du président de la FNSEA : évoquer, dans une rencontre des signataires de l’accord du 3 mai au moment du Space, le redémarrage des négociations entre fournisseurs et grandes surfaces depuis la récente flambée des prix agricoles. Il s’agit aussi de « valider les données de l’observatoire sur les prix alimentaires », explique Xavier Beulin qui veut inciter « à ce que chaque signataire de l’accord du 3 mai prenne ses responsabilités ». Xavier Beulin estime que les agriculteurs eux-mêmes peuvent assumer des fluctuations de prix de leurs charges entre 15 %-20 % mais qu’au-delà, c’est à d’autres membres de la filière de supporter les fluctuations. « Nous sommes fondés à demander l’ouverture des négociations dans le secteur de la volaille », explique le président de la FNSEA dont les services affirment que les conditions d’application de l’accord du 3 mai dans ce domaine sont réunies. D’ailleurs, les grandes surfaces ne semblent pas contester les chiffres mais rappellent que l’accord sur les négociations commerciales était conditionné à des accords entre les filières céréales et animales.

Faire preuve de « discernement »

« Les grandes surfaces doivent faire preuve de discernement », répond Xavier Beulin qui veut leur faire admettre que le contexte, pour des accords interfilières, est très difficile.
Plus généralement, ce sont l’ensemble des dispositifs structurels qui sont à revoir devant les nouvelles conditions de marché. Dispositifs fiscaux, pour permettre de constituer de l’épargne de précaution, dispositifs de négociation pour tenir compte des coûts de production, et bien sûr dispositifs de politique agricole européenne. C’est d’une part le maintien d’outils de régulation qui est concerné mais aussi le risque d’aboutir à des distorsions de concurrence. « Il faut éviter la double peine », clame Xavier Beulin, celle qui résulte du verdissement de la PAC et celle qui résulterait de la convergence des aides européennes. Autre risque, celui de la régionalisation qui ne doit pas aboutir à de nouvelles distorsions. « Il faut garder un cadre national cohérent », affirme le président de la FNSEA, « ne pas pénaliser les régions pauvres au profit de celles qui sont plus riches ».

L’agriculture, apporteuse de solutions

Pour Xavier Beulin, tous ces handicaps possibles risqueraient d’entraver un rôle assumé de l’agriculture : être apporteur de solution pour le redressement économique du pays. « Nous sommes des contributeurs actifs pour l’emploi, le commerce extérieur et la croissance en général », plaide le syndicaliste. Non sans une certaine crainte liée à la stratégie environnementale des pouvoirs publics. Xavier Beulin n’est pas gêné par la défense du nucléaire telle que l’exprime Arnaud Montebourg. Ce qu’il craint, c’est que les écologistes, en contrepartie, fassent de la surenchère sur l’environnement en agriculture. « Nous serons très attentifs à la gouvernance de toutes les mesures agroenvironnementales, dit-il, regrettant que, parfois, dans les instances locales, les parties prenantes proches de ces idéaux « soient devenues pléthoriques ». Regrettant aussi les positions rigides de certains préfets, réclamant par exemple des preuves de semis de plantes pièges à nitrates alors que la moisson n’a même pas encore eu lieu.
Quant aux solutions, à la flambée des prix actuelle et à ses conséquences, Xavier Beulin les conçoit tous azimuts. D’abord par une initiative au niveau du G20 et du Forum de réaction rapide ; ensuite par la mise en place de stocks de sécurité, notamment en France : « Nous sommes déterminés à remettre la question du stockage au centre des discussions », affirme-t-il. De plus, la question de la spéculation financière n’est toujours pas résolue selon la FNSEA, qui doit prochainement rencontrer le commissaire Michel Barnier sur ce point. En somme, la situation actuelle appelle des dispositifs internationaux, locaux, des dispositifs publics mais surtout contractuels.

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