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Réunions régionales de la Fop Xavier Beulin veut redonner de l’optimisme

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En faisant son tour de France en réunions régionales, Xavier Beulin, président de la Fop, se veut résolument optimiste pour l’avenir des oléoprotéagineux, même s’il reconnaît les difficultés actuelles du marché. La filière a pour objectif d’atteindre une production d’environ un million de tonnes de diester à l’horizon 2007/2008. Quant aux OGM, le président de la Fop veut s’opposer résolument à une transcription de la directive européenne dans les mêmes conditions qu’en Allemagne.

« Il y a des raisons pour maintenir et valoriser notre capacité d’initiative, nos débouchés et nos outils de transformation », a lancé Xavier Beulin, président de la fédération des producteurs d’oléoprotéagineux (Fop), lors de la réunion régionale de Reims le 22 février. « Je suis convaincu de l’intérêt d’une combinaison intelligente entre les filières alimentaires et non alimentaires. Nous avons des perspectives dans les deux débouchés, à condition de réhabiliter une recherche dynamique pour l’agriculture », a-t-il ajouté. Il se dit prêt à soutenir les initiatives pour mettre en place des pôles de recherche-développement en Champagne-Ardenne mais aussi en Midi-Pyrénées, en Poitou-Charentes ou dans la région Centre.

Développer un complexe de transformation du colza au Nord-Est

L’actualité de la filière, c’est surtout le plan de développement du diester, l’objectif étant d’atteindre une production d’environ un million de tonnes à l’horizon 2007/2008. Pour tenir cet objectif, en plus des usines actuelles et en construction (Sète), il est nécessaire de construire une nouvelle chaîne de 100 000 tonnes à Compiègne, une unité de 200 000 t dans le quart Nord-Est de la France et une unité de 100 000 t sur la façade Atlantique. « Il est dans l’intérêt de la filière de développer un complexe trituration-raffinage-estérification dans le quart Nord-Est de la France sur l’axe de la Seine, pour une capacité de transformation de 600 000 tonnes, et à terme 800 000 tonnes », a précisé Philippe Tillous-Borde, directeur général de Proléa, la filière oléoprotéagineuse.

Par ailleurs, la filière a une participation financière dans une usine en Allemagne, près de Dusseldorf. Celle-ci va doubler sa capacité de production en mai 2005 pour passer à 250 000 tonnes et la filière renforce sa participation. Dès la récolte 2005, les producteurs de colza de l’Est de la France qui fournissent cette usine vont pouvoir s’engager dans un contrat pluriannuel, donc bénéficier de la prime d’engagement, ce qui est nouveau.

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Huile brute : Xavier Beulin n’est pas convaincu

Xavier Beulin a aussi été questionné sur l’huile brute utilisée comme carburant à la ferme, sujet de prédilection des réunions de groupes d’agriculteurs durant cet hiver 2005 puisque près de 1 000 réunions ont eu ce thème à l’ordre du jour depuis octobre 2004. « C’est un phénomène que l’on ne peut pas nier, reconnaissait-il. Nous avons sur ce sujet une position ouverte et responsable». Pour lui, même s’il n’a pas à s’opposer à cette pratique, trois constats s’imposent : « D’une part, on ne peut pas s’affranchir des évolutions en matière de motorisation. La consommation de carburant a diminué de 30 % en 10 ans, et pour cela il faut des carburants adaptés. De plus, le Parlement s’est opposé à défiscaliser l’huile brute. Enfin, je ne suis pas convaincu que le fait d’utiliser sa propre graine, produire son huile en achetant sa presse et valoriser son tourteau, soient véritablement rentable si on intègre le temps de travail et les faibles rendements d’extraction de l’huile ».

A vrai dire, une autre inquiétude pointe : à trop vouloir détaxer l’huile brute, ne risque-t-on pas de voir remettre en cause la défiscalisation quasi totale du fuel agricole qui fait des envieux chez nos voisins européens ? A méditer.