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Ÿnsect complète sa levée de fonds lancée en 2019 avec 224 M$ supplémentaires

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L’éleveur de scarabées molitors Ÿnsect a levé assez de fonds pour financer la construction de son usine près d’Amiens. Il y a 18 mois, il avait déjà atteint une premier closing à 125 millions de dollars.

« Nous ne sommes pas loin du record de levée de fonds pour une start-up française », a indiqué le secrétaire d’État Cédric O le 6 octobre en annonçant le nouveau financement mobilisé par Ÿnsect, aux côtés du p.-d.g. Antoine Hubert (Agra Alimentation du 7 mars 2019). Après un premier palier atteint en mars 2019 à 125 millions de dollars, soit 106,05 M€ (auxquels il faut ajouter 23 millions de dollars de subventions), Ÿnsect vient d’annoncer une nouvelle levée de fonds de 224 millions de dollars (190,05 M€) auprès d’investisseurs internationaux : Astanor Ventures (investisseur principal déjà au capital), Upfront Ventures, FootPrint Coalition, Happiness Capital, Supernova Invest et d’Armat Group. Ils « rejoignent les premiers investisseurs de la série C, notamment Bpifrance, Talis Capital, IdInvest, Finasucre, Bois Sauvage et Vis Vires New Protein Capital. « Il s’agit de la plus importante levée de fonds à l’échelle mondiale dans le domaine des insectes », souligne de son côté Antoine Hubert.

Sur les 372 millions de dollars (315,62 M€) mobilisés au total, 139 millions de dollars (117,94 M€) sont apportés sous forme d’emprunts par la Caisse des dépôts et un pool de banques françaises, mené par le Crédit agricole Brie-Picardie et la Caisse d’épargne Hauts de France. D’autres banques ont également participé : Arkéa, Crédit Mutuel, BNP Paribas, le Crédit agricole Franche-Comté et la Caisse d’épargne Normandie.

Cet apport de fonds permet de couvrir le coût de construction du nouveau site d’élevage et de transformation de scarabées molitors d’Amiens. « La construction a pu commencer mi-mars et se poursuit actuellement, pour une entrée en production fin 2021, début 2022 », prévoit Antoine Hubert. 100 000 tonnes de produits devraient sortir de ce site flambant neuf. Il s’agira de la plus grande ferme d’insectes dans le monde, selon Ÿnsect.

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« 105 millions de dollars de contrats sont déjà sécurisés auprès de fabricants d’aliments pour animaux, notamment avec le norvégien Skretting qui fabrique des aliments pour les saumons d’élevage », explique Antoine Hubert, qui cite aussi Torres et Compo Group. Mais ces clients ne seront livrés qu’une fois la nouvelle usine entrée en production. La production qui sort actuellement du site de Dôle est réduite, contrairement à celui d’Amiens qui aura une capacité 100 fois supérieure. Ÿnsect ne communique pas son chiffre d’affaires précis, qui s’élèverait aujourd’hui à quelques millions d’euros par an.

Plusieurs millions d’euros mobilisés par Supernova

Les fonds mobilisés aujourd’hui vont aussi permettre d’étoffer la gamme de produits et de lancer le développement ailleurs qu’en France, en Europe, en Amérique du Nord et en Asie. « Ÿnsect est d’abord concentrée sur son objectif à court terme qui est l’ouverture du site d’Amiens, avant de réfléchir aux développements qui viendront ultérieurement », note Julien Cristiani, directeur général chez Supernova Invest, qui participe à la levée de fonds actuelle et qui siège au conseil d’administration d’Ÿnsect. « Supernova investit depuis vingt ans dans les sociétés françaises à forte composante technologique avec une ambition industrielle », poursuit-il. Parmi les thématiques d’investissement de Supernova, la transition écologique et agricole est désormais présente avec trente dossiers en ce moment. « Ÿnsect détient près de trente brevets, ce qui lui donne une avancée décisive sur ses concurrents et créé une barrière à l’entrée pour ces derniers », explique Julien Cristiani. Supernova, sans dévoiler le montant exact de son investissement dans Ÿnsect, indique qu’il s’agit de plusieurs millions d’euros. Les tickets de Supernova dans les sociétés oscillent entre 500 000 euros et plusieurs dizaines de millions d’euros. Au total, la société de gestion indépendante gère 260 millions d’euros (investis dans soixante-dix sociétés) pour le compte d’investisseurs français parmi lesquels le CEA et Amundi, mais aussi de groupes industriels comme EDF, Vinci, Michelin ou Mérieux. Deux véhicules de Supernova ont été mobilisés pour Ÿnsect : CA Innovation et Territoire (CAIT) et Amundi Avenir Innovation (AAI).