Ÿnsect a annoncé le 11 juin 2019, le lancement officiel du projet européen Farmyng *, premier site de démonstration de la production à l’échelle industrielle de ressources nutritives à partir de vers de farine. Basée à Amiens Métropole (Hauts-de-France), ce projet industriel de grande ampleur est co-financé par la Commission européenne et le Bio-based Industries Joint Undertaking (BBI JU) à hauteur de 20 millions d’euros.
Farmyng permettra d’industrialiser l’élevage et la transformation d’un insecte, le tenebrio molitor. Composée à plus de 70 % de protéines, la larve du molitor est une source de nutriments naturels pour de nombreux animaux : poissons, volailles, porcins, chiens et chats, etc.
Ce site "formera ainsi la première filière mondiale de protéines haut-de-gamme, biosourcée et durable, pour répondre à la demande qui ne cesse de croître à travers le monde", indique le communiqué. Cette "nouvelle chaîne de valeur responsable" vise dans les dix prochaines années un potentiel de production de plus de 200 000 tonnes de protéines haut-de-gamme pour un chiffre d’affaires proche du milliard d’euros et avec la création de plus de 1 200 emplois directs et indirects. Mise au point par Ÿnsect, la technologie du projet Farmyng est déjà opérationnelle sur son site de Dôle (Jura) dont la capacité́ maximale de production s’élève à 30 tonnes par mois. Ÿnsect a levé plus de 175 millions de dollars depuis sa création en 2011 et compte 110 collaborateurs en France.
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Les producteurs d’insectes espèrent la levée de plusieurs freins réglementaires
« Les institutions européennes devraient bientôt aller de l’avant avec l’autorisation des insectes (en tant que sources de protéines) dans l’alimentation des volailles », assure l’Ipiff (Plate-forme internationale des insectes destinés à l’alimentation humaine et animale) suite à l’organisation d’ateliers les 28 et 29 mai. Mais l’association, basée à Bruxelles, pousse également pour que soit autorisée l’utilisation de nouveaux substrats pour l’alimentation des insectes, notamment d’anciennes denrées alimentaires contenant de la viande ou du poisson, ou des déchets issus de la restauration. « Dès que les preuves scientifiques seront complètes, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) pourra rendre ses conclusions afin d’ouvrir la voie à des changements réglementaires dans ce domaine », espère l’Ipiff. Et d’autres évolutions pourraient se faire dans le cadre de la révision en cours de la législation en matière d’hygiène alimentaire qui prévoit d’inclure des normes spécifiques pour les insectes en alimentation humaine.
AG, Agra Presse