Spiritueux : Pernod Ricard souffre des difficultés en Chine et aux États-Unis
Le géant des vins et spiritueux Pernod Ricard a annoncé le 28 août une baisse de 5,3 % de son résultat opérationnel courant annuel, à 2,95 Md€, liée à un repli de ses ventes dans un contexte de tensions commerciales avec la Chine et les États-Unis, ainsi qu’à des effets de change. Le groupe affiche en revanche un bénéfice net en hausse de 10 %, à 1,6 Md, du fait en particulier d'une diminution des charges non courantes. « Nous prévoyons que l’exercice 2025-2026 sera une année de transition avec une amélioration des tendances en chiffre d'affaires organique, se matérialisant au deuxième semestre », indique son communiqué. Le premier trimestre devrait rester « en baisse », en raison d'ajustements de stocks aux États-Unis, mais aussi en Chine où la demande reste faible. Le groupe français anticipe « à partir du deuxième trimestre seulement » une reprise des ventes de cognac en duty free en Chine, bloquées dans un contexte de tensions commerciales avec l'UE. Sur un marché chinois déjà atone, l'ensemble du secteur a souffert des sanctions appliquées par Pékin depuis l'automne 2024 en rétorsion à des mesures européennes sur ses voitures électriques. Par ailleurs jusqu'ici exemptés de droits de douane américains, les spiritueux européens devraient désormais être soumis à une taxe de 15 %.
Céréales : des stocks de blé tendre au plus haut depuis 2004-2005, selon Argus Media
Le cabinet d'analyse Argus Media (ex-Agritel) a confirmé la lourdeur attendue des stocks français de fin de campagne 2025-2026 de blé tendre, à 4 Mt, un plus haut niveau depuis 2004-2005. En juillet, FranceAgriMer se montrait un peu plus optimiste, tablant sur un peu plus de 3,8 Mt environ. Les raisons sont multiples. La production hexagonale 2025 a bien rebondi, estimée à 33,4 Mt par l'analyste, en hausse de 30 % par rapport à 2024. Mais c’est surtout l'affaiblissement des débouchés à l'export vers les pays tiers qui justifie le pessimisme ambiant. L'Algérie, client historique, boycotte le blé français depuis 2024. « Nous ne nous attendons pas à de reprise des exports vers l'Algérie cette année », commente Alexandre Willekens, analyste au sein du cabinet. De son côté, la Chine réduit drastiquement ses achats, dans un contexte macroéconomique morose. Les disponibilités mondiales sont abondantes, pesant sur les prix, et laissent peu de place, pour l’instant, à une potentielle remontée des cours en 2025-2026, à moins d’un accident climatique, géopolitique, etc. La rentabilité de bon nombre d’agriculteurs dans le monde, et spécialement en France, s’en retrouve dégradée. Argus Media prévoit un coût de production moyen du blé hexagonal 2025 à 200 €/t (248 €/t en 2024, et 175 €/t en 2021).
Pommes de terre : vers une production au plus haut depuis plus de 10 ans, selon l'UNPT
Dans un communiqué du 28 août, l'UNPT (producteurs de pommes de terre, FNSEA) s'attend à un niveau de production 2025 de pommes de terre en France inédit depuis plus de dix ans, soit 8,5 Mt, en hausse de 900 000 t par rapport à l'an dernier. Si les rendements décrochent légèrement par rapport à 2024, de 5 % (à 43 t/ha en moyenne), la hausse des surfaces justifient la progression annuelle des volumes, rappelle le syndicat. Elles s'élèvent à 197 000 ha, en hausse de 25 % par rapport à 2023. Les récoltes n'étant pas totalement achevées, les prévisions sont susceptibles de s'affiner dans les semaines à venir. L'UNPT alerte depuis plus d'un an sur un risque de surproduction national. Les prix ont d'ailleurs décroché. Le syndicat parle même de prix flirtant avec des valeurs nulles du côté du marché libre : « Les prix des variétés hâtives chutent à des niveaux proches de zéro. Accepter ces conditions, c'est nourrir une spirale destructrice et travailler à perte », prévient l'organisation. Le marché contractuel offre davantage de sécurité, mais s'avère lui aussi chahuté. Des industriels français et belges ont récemment remis en cause unilatéralement des contrats passés avec les producteurs.
Directive nitrates : en Nouvelle-Aquitaine, l’arrêté Gren expliqué aux conseillers des négoces
Le 27 août, une quinzaine de conseillers de négoces agricoles ont participé au webinaire organisé par le Naca (Négoce Agricole Centre-Atlantique) sur l’application de la directive nitrates en Nouvelle-Aquitaine. « L’idée était de présenter le nouvel arrêté Gren (Groupe régional d’expertise nitrates) paru le 8 août pour la Nouvelle-Aquitaine », précise Nicolas Pugeaux, chargé de mission Eau et environnement au Naca et animateur du webinaire. « Jusque-là subsistaient trois arrêtés, un par ancienne région : Poitou-Charentes, Limousin et Aquitaine. Désormais, tout est harmonisé. » Ce nouvel arrêté traduit par exemple la notion « d’azote potentiellement libéré jusqu’en sortie d’hiver » en quantité de lisier, de fumier ou de compost que les agriculteurs peuvent effectivement apporter sur prairie ; une information essentielle pour aider les conseillers à accompagner au mieux les agriculteurs. Autres évolutions à retenir : « La date butoir pour réaliser les plans prévisionnels de fumure a été supprimée » et « l’apport d’azote minéral sur pois chiche en cas d’échec de l’inoculation est désormais possible ». Pour les viticulteurs, la dose plafond d’azote à épandre, répartie sur un an ou trois ans, déjà en place en Poitou-Charentes l’est désormais dans tous les départements de la région. Une évolution attendue notamment pour les producteurs du Cognac. (Anne Gilet)
Distribution : l’enseigne Api vise une implantation en régions Aura et Hauts-de-France
L’enseigne Api annonce vouloir implanter ses supérettes autonomes dans les zones rurales de deux régions supplémentaires : Auvergne-Rhône-Alpes et Hauts-de-France. Elle lance un appel à candidature auprès des élus locaux pour préparer ses ouvertures en 2026. Déjà implantée dans quatre régions, Api est une entreprise à mission certifiée B Corp, comptant une centaine de collaborateurs, qui ambitionne de revitaliser les zones rurales en réduisant les inégalités territoriales par l’implantation de supérettes de proximité de 40 m2 en libre-service, éco-conçues en France. Les magasins proposent 700 références (parmi lesquelles les fruits et légumes, surgelés, produits locaux, épicerie salée et sucrée, boissons, etc.) à « prix supermarchés ». L’implantation requiert toutefois certains critères d’éligibilité : les communes doivent notamment avoir la capacité de fournir un terrain communal disposant de l’électricité et de la fibre. Dès validation du projet, Api propose une implantation « clé en main », en s’occupant d’installer le bâtiment et de créer un emploi local en engageant un épicier (qu’elle appelle « apicier »), qui gère deux à quatre supérettes. Pour proposer sa commune, les élus peuvent se signaler par mail à l’adresse [email protected]. (Florence Rabut)
Œufs : le CNPO s'inquiète d'importations d'Ukraine par les distributeurs
L'interprofession des œufs (CNPO) a dénoncé le 28 août l'importation par certains distributeurs de centaines de milliers d'œufs d'Ukraine ne « respectant pas les normes de production européennes et pouvant contenir » des antibiotiques interdits, et réclamé des contrôles de conformité « renforcés ». Depuis le printemps, plusieurs lots d'œufs provenant d'Ukraine avec un code 3 (élevage en cage) ont été repérés dans différentes grandes surfaces, notamment des enseignes Carrefour et E. Leclerc. Face à l'augmentation de la consommation d'œufs, protéine animale privilégiée en période d'inflation, des tensions dans les stocks ont émergé depuis le début de l'année et certains rayons se sont vidés, parfois sous l'effet d’achats de précaution. « Les ventes ont augmenté de 5 % en volume cette année (à fin juillet) par rapport à 2024, soit environ 350 millions d'œufs en plus par rapport aux sept milliards de l'année dernière. On a été capable de répondre et de fournir la grande distribution », explique à l'AFP Yves-Marie Beaudet, président du CNPO. Soulignant le « risque sanitaire important », le CNPO appelle les autorités à renforcer les contrôles, tout en demandant à la grande distribution – dont les représentants ont quitté l’interprofession en juillet – une « réunion d'urgence » pour « remédier à cette situation de concurrence déloyale ».
Viande : l’activité d'un abattoir corse suspendue après une plainte de L214
L'abattoir de Porto-Vecchio va devoir suspendre son activité, a annoncé la préfecture de Corse-du-Sud le 28 août, un mois après une plainte pour « sévices graves et mauvais traitements » de l'association L214 qui a entraîné l'ouverture d'une enquête. Les installations de cet abattoir multi-espèces, propriété de la Collectivité de Corse et géré par le Syndicat mixte de l'abattage en Corse (Smac), « ne permettent plus de garantir une production dans le respect total des exigences réglementaires », a admis la préfecture dans un communiqué. Cette suspension, qui intervient après une mise en demeure adressée le 5 août et plusieurs réunions entre les services de l'État, l’exploitant, les représentants du monde agricole et les collectivités, « entraîne l'arrêt immédiat de toute activité d'abattage sur le site ». « La levée de cette suspension sera notamment subordonnée à la réalisation de nouveaux investissements", ajoute-t-elle, rappelant que « depuis plusieurs années, les services de l'État accompagnent le Smac pour maintenir le réseau des abattoirs publics » en Corse. Fin juillet, L214 avait diffusé des vidéos filmées dans cet abattoir, dénonçant des « dysfonctionnements graves » dans l'abattage des vaches et des veaux et dans l'abattage rituel de vaches, veaux et moutons.
Cantines scolaires : huit mairies suppriment temporairement le thon des menus
Huit mairies représentant plus de 3,5 millions d'habitants, dont Paris et Lyon, ont temporairement banni le thon des menus de leurs cantines scolaires pour « faire cesser l'exposition des enfants au mercure », un métal neurotoxique, ont-elles annoncé le 28 août. En octobre 2024, les ONG Bloom et Foodwatch avaient alerté sur la contamination du thon au mercure après avoir fait tester aléatoirement 148 boîtes de thon en conserve par un laboratoire indépendant. L'étude avait montré que 100 % des boîtes testées étaient contaminées au mercure, classé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) parmi les dix substances les plus préoccupantes pour la santé publique. Critiquant l'absence de mesures prises depuis cette étude, les villes signataires, dont font aussi partie Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), Bègles (Gironde), Grenoble, Lille, Montpellier et Rennes, ont décidé « de ne pas servir de produits à base de thon dans les menus scolaires ». « Les entreprises respectent la règlementation en vigueur et aucun produit mis sur le marché ne dépasse le seuil réglementaire de 1 mg/kg », a réagi dans un communiqué la Fiac (fabricants d'aliments en conserve), estimant que le protocole utilisé par l'étude de Bloom « ne semble pas respecter les normes en vigueur, ce qui expliquerait de tels écarts ».
Maraîchage/horticulture : Christophe Février prend la direction de Fleuron d’Anjou
Changement de direction générale à compter du 1er septembre chez Fleuron d’Anjou, groupe coopératif aux deux filiales maraîchère et horticole en Anjou : Christophe Février succède à Pascal Prat, qui fera valoir ses droits à la retraite fin septembre, après sept années consacrées au développement et au rayonnement de la coopérative. Ingénieur agronome, Christophe Février connaît bien l’univers coopératif. Il dirigeait précédemment la coopérative Hemp-It en Anjou, spécialisée dans la production et la commercialisation de semences de chanvre et de lin. En binôme avec le président Bruno Gautier, la nouvelle gouvernance travaillera à la poursuite des projets de développement. (Florence Rabut)
Agenda de la semaine agricole du 1er septembre 2025
Vendredi 29 septembre
François Bayrou et Annie Genevard inaugurent la Foire de Châlons (Marne)
Mardi 2 septembre
Conférence de presse de rentrée de la FNSEA
Tournée vendanges du SGV (vignerons de Champagne), à Avize (Marne)
Délibéré d’un procès pour « faux champagne », à Reims
Conférence de presse de RAGT sur les semence de betteraves, à la Foire de Châlons
Annie Genevard inaugure le salon Innov-Agri, à Outarville (Loiret)
Mercredi 3 septembre
Conférence de presse de rentrée de la Coopération agricole
Salon Tech-Ovin, à Bellac (Haute-Vienne), jusqu'au 4
Événement de présentation du Space, à Paris
Jeudi 4 septembre
Conférence de presse de Soufflet Agriculture, à la Foire de Châlons
Congrès d’Elvéa (réseau d'OP bovins viande), en Saône-et-Loire
Congrès du Négoce agricole Centre-Atlantique (Naca), à La Rochelle
Journée des grains de la Bourse de Strasbourg
Conférence de presse pour les 60 ans du Cerafel (fruits et légumes), à Rennes
Portes ouvertes des plateformes variétales potagères en Anjou (Vegepolys)
Vendredi 5 septembre
Journée interprofessionnelle de Semae (interprofession des semences)
Samedi 6 septembre
Opération « Vergers écoresponsables ouverts » de l’ANPP (producteurs), jusqu’au 28