Lait : Biolait réfléchit à lancer des produits en marque propre
Biolait a annoncé le 10 avril qu’il va lancer une étude pour évaluer l’opportunité de mettre sur le marché un ou plusieurs produits en marque propre. Cette étude, qui va être lancée dans les prochaines semaines et confiée à un cabinet extérieur (non encore identifié), verra ses conclusions présentées lors de l’assemblée générale de Biolait en 2027. L’idée de l’organisation de producteurs (OP) commerciale est de « créer de la valeur ajoutée et diversifier les débouchés du groupement, aujourd’hui principalement centrés sur la vente de matière première » et « renforcer le lien avec les consommateurs ». La collecte de Biolait est en recul régulier ces dernières années (226 millions de litres en 2025, -7 % par rapport 2024), alors que ses frais logistiques ont augmenté de 45 % depuis 2019. L’OP cherche des solutions pour les zones à faible densité laitière où ces coûts sont les plus élevés. Elle compte aussi sur la reprise de la consommation et sur les programmes opérationnels de la Pac qui vont être déployés cette année. En 2025, Biolait a payé le lait 510 €/1 000 l (primes inclues), mais ne donne pas de prévision pour 2026. L’acompte pour le premier trimestre 2026 est de 460 510 €/1 000 l, hors rémunération liée à qualité et aux programmes opérationnels.
Lait : Biolait en quête de rentabilité dans les zones à faible densité
Biolait a décidé de s’attaquer à la question de la perte de rentabilité de la collecte dans les zones à faible densité laitière à l’occasion de son assemblée générale tenue les 1er et 2 avril. Concrètement, les adhérents et leurs partenaires vont devoir « identifier et mettre en place des solutions permettant de garantir un niveau de coût soutenable dans la durée : accueil et recherche de nouveaux adhérents, recherche de débouchés locaux, optimisations logistiques avec d’autres acteurs », selon un communiqué, ou encore travailler sur de nouveaux cahiers des charges spécifiques assortis de débouchés locaux. Si aucune solution n’est trouvée, l’organisation de producteurs (OP) commerciale prévient que « la poursuite de la collecte dans certaines zones pourrait être réévaluée ». Biolait est confrontée depuis plusieurs années à une hausse de ses coûts de collecte. « Les charges de transport et de logistique ont augmenté de 45 % au cours de cinq dernières années », rappelle Philippe Marquet, le président de l’OP, fraîchement réélu. En outre, Biolait connaît une baisse régulière du nombre de producteurs – par cessation d’activité ou passage en lait conventionnel – et donc des volumes collectés, qui sont en retrait de 7 % en 2025 par rapport à 2024, à 226 millions de litres de lait.
Coopératives / porc : Cooperl accusée de harcèlement moral institutionnel
La CFDT a réclamé le 10 avril 1,4 million d’euros à la Cooperl, accusée par le syndicat de pratiquer un harcèlement moral institutionnel. Devant le conseil des prud’hommes de Saint-Brieuc, Jean-Paul Leclère, défenseur syndical de la CFDT a accusé la coopérative bretonne, qui a réalisé plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024, de privilégier «les performances économiques à la santé des salariés». Il a cité en exemple l’indice de fréquence des maladies professionnelles à la Cooperl, qui serait six fois plus élevé que la moyenne nationale. En 2023, cela aurait provoqué 17.239 jours d’arrêt dus à la surmaladie d’origine professionnelle, pour un coût salarial annuel d’environ 2,5 millions d’euros, pris en charge essentiellement par l’assurance maladie, selon les conclusions de la CFDT. Le syndicat a réclamé 1,4 million d’euros d’indemnités pour la mise en place de ce «système managérial (...) attentatoire à la santé et à la dignité de ses salariés». M. Leclère a en outre demandé l’annulation du licenciement pour faute grave du salarié d’un abattoir, qui avait refusé d’occuper un poste réservé aux gauchers. Atteint d’un trouble musculosquelettique, ce salarié, qui cumulait 26 ans d’ancienneté, a par la suite été reconnu en accident de travail.
Équarrissage : Akiolis produit de l’énergie à partir de farines animales, une « première »
L’équarrisseur Akiolis a inauguré le 10 avril « la première installation française de cogénération biomasse à partir de farines animales », sur son site de Saint-Langis-lès-Mortagne (Orne), d’après un communiqué publié le même jour. Cette centrale produit de la vapeur – utilisée sur place – et de l’électricité – injectée dans le réseau –, avec l’objectif de diminuer de 80 % la consommation d’énergie fossile de l’usine. De quoi « réduire fortement la dépendance au gaz » (-124 GWh/an) dans un « contexte international instable », souligne l’industriel intégré au groupe belge Tessenderlo (2,6 Md€ de CA). Au lieu d’être envoyées en cimenterie, les 29 000 t annuelles de farines animales produites à Saint-Langis-lès-Mortagne seront valorisées sur place, évitant la circulation de « 800 camions par an ». Le procédé consiste à gazéifier les farines animales à 750°C, sans oxygène. Le gaz obtenu est brûlé, « générant de la chaleur tout en traitant les odeurs ». Cette chaleur est enfin valorisée dans une chaudière, qui produit de la vapeur basse pression « nécessaire aux cuiseurs du site » et de l’électricité (9,3 GWh/an). La revente de cette électricité sur le réseau Enedis « renforçant la pérennité du site », d’après Akiolis.
Alimentation animale: à la Réunion, conflit de gouvernance à l'Urcoopa (presse)
A la Réunion, un conflit de gouvernance ébranle depuis plusieurs semaines l’union coopérative Urcoopa, a relaté France Info le 7 avril, le jour d’une décision provisoire de justice maintenant en place l’actuel président contre les représentants de deux coopératives constitutives qui ont tenté de prendre le pouvoir par un conseil d’administration le 20 mars. Le président, Henri Lebon, met en garde les éleveurs de l’île contre le démantèlement de l’union et la cession de son abattoir de volailles, Evollys, à une société privée (Duchemann & Grondin), qui en a la gestion. De leur côté, ses rivaux, représentants des coopératives Terracoop (approvisionnements en élevage) et Sicalait (production laitière), réclament une médiation des pouvoirs publics et une concertation générale sur la souveraineté alimentaire de l’île. Ils ont fait appel de la décision provisoire de justice et saisi le juge du fond, invoquant « des dérives de fonctionnement et de gestion au sein de l’Urcoopa ». Ces turbulences, sur fond de difficultés financières du groupe, font réagir la CFDT Agri-Agro. Dans un communiqué du 9 avril, le syndicat de salariés alerte sur « un risque majeur pour toute la filière agricole réunionnaise ».
Agroalimentaire : Cargill investit 25 M€ pour décarboner son usine d’ingrédients de Baupte
Dans un communiqué du 9 avril, le négociant international Cargill, détenant également des sites de transformation agroalimentaire, a annoncé un investissement de 25 M€ visant à décarboner son usine basée à Baupte (Manche). L’installation en question « produit des carraghénanes, des biopolymères et d’autres solutions texturantes utilisées notamment dans les desserts laitiers, le lait chocolaté, les alternatives végétales, la confiserie et les sauces », précise le communiqué. L’investissement permet de moderniser ses procédés de production les plus énergivores, afin d’abaisser « les émissions d’environ 13 700 tonnes de CO2 par an », et d’aider ainsi à l’accomplissement de l’objectif plus large de Cargill « de réduire de 25 % les émissions de ses activités d’ici 2035 ». Plus en détail, le négociant intègre « une technologie de recompression mécanique de vapeur ». Elle consiste à remplacer « la vapeur produite à partir de gaz naturel par une solution électrique qui capte, recomprime et réutilise les vapeurs générées lors de la production comme principale source de chaleur ». L’installation normande, créée en 1941, emploie environ 275 personnes, et « exporte plus de 75 % de sa production à l’échelle mondiale », relate Cargill.
Blé hybride : Asur Plant Breeding table sur une hausse de 30 % de la sole française en 2028
Asur Plant Breeding en est convaincu : « les atouts des variétés hybrides devraient permettre de poursuivre le rebond observé ces dernières années et d’aller vers une progression de 30 % des surfaces dans un délai de deux ans ». Le semencier - qui, en juillet 2025, a repris la distribution du catalogue de Saaten-Union - compte doubler ses ventes d’ici trois à quatre ans : en France mais aussi à travers l’Europe. La gamme du semencier devrait prochainement s’enrichir : trois variétés sont en deuxième année d’inscription au CTPS, trois en première année et 35 en pré-dépôt. Alors qu’en 2025-26, près de 35 000 ha de blés hybrides ont été semés, les surfaces de multiplication avoisinent, cette année, les 45 000 ha : des lots qui seront ensemencés en 2027. Pour le semencier qui, sur ce marché, revendique 30 ans d’expérience, le blé hybride s’affiche, grâce à sa régularité, ses rendements plus élevés et sa qualité du grain, comme « une solution pertinente et adaptée » pour répondre aux aléas climatiques. Le semencier peut compter sur son réseau de 12 établissements producteurs de semences partenaires qui ont tous adopté le système Hyntégrale 3D, « pour comprimer les prix de revient au plus près ». (Anne Gilet)
Négociations commerciales : amende de 6 M€ pour la centrale d'achat de Carrefour
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a annoncé le 10 avril avoir infligé à la centrale d’achat Eureca Mayoristas une amende de 6,1 millions d'euros pour non-respect de la date-butoir dans le cadre des négociations commerciales avec ses fournisseurs français. Eureca Mayoristas est la centrale d’achat européenne de Carrefour. Les Fraudes ont relevé « 19 manquements à son obligation de signature des conventions conclues avec ses fournisseurs français au plus tard le 1er mars 2025 », selon la décision. « Dès lors que la négociation commerciale porte sur des produits destinés à une commercialisation en France, et quel que soit le droit du contrat, les accords sont soumis aux dispositions » du code de commerce, affirme la DGCCRF, en référence aux centrales d'achat européennes des distributeurs. Carrefour a dénoncé cette décision qu’il contestera « sur tous les terrains juridiques possibles ». « Il est seulement reproché à notre centrale d’achat européenne d’avoir signé avec quelques jours de retard des contrats avec de grandes multinationales qui avaient tout intérêt à jouer la montre », ajoute Carrefour.
Restauration collective : Sodexo sacrifie 2026 pour « reconstruire son moteur de croissance »
Dans le communiqué de Sodexo présentant les résultats financiers de son premier semestre, le nouveau DG Thierry Delaporte avertit que ceux-ci sont affectés par « une revue approfondie » des contrats et des actifs. « Cette démarche volontaire est nécessaire pour reconstruire un moteur de croissance solide et restaurer la compétitivité du groupe à grande échelle », justifie-t-il. La marge d’exploitations en particulier, ressort à 3,7% contre 5,2% au premier semestre de l’exercice précédent, et la perspective pour l’exercice 2026 se situe entre 3,2 % et 3,4%. Le résultat opérationnel du semestre est en retrait de 43% à taux de change constants. La présidente du groupe de restauration collective fondé par son père, Sophie Bellon, avait elle-même prévenu en octobre dernier que 2026 serait une « année de transition », « où on va accélérer les investissements, ce qui va peut-être peser sur nos marges à court terme mais qui est indispensable pour l'avenir », rappelle une dépêche AFP du 10 avril. Sodexo, présent dans 43 pays, réalise 24,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires avec 426 000 salariés. Sophie Néron-Berger a été nommée en juillet 2025 DG de Sodexo France dans le mouvement de reconfiguration des comités exécutifs à l’échelle mondiale.
Santé animale : Sébastien Huron devient d.g. de Ceva, Marc Prikazsky président exécutif
Dans un communiqué du 10 avril, Ceva santé animale annonce l’arrivée de Sébastien Huron au poste de directeur général, « avec effet immédiat », tandis que le p.-d.g. Marc Prikazsky devient président exécutif, en charge des « priorités stratégiques à long terme ». À la tête du groupe français pendant « près de 20 ans », M. Prikazsky gèrera notamment les relations avec les investisseurs, l’innovation ou encore « le développement des futurs leaders de l’entreprise ». De son côté, Sébastien Huron a été de 2017 à 2024 le directeur général de Virbac, n°6 mondial de la santé animale, qu’il a rejoint en 2006. Ce diplômé de l’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT) a fait toute sa carrière dans la santé animale, en Europe et aux États-Unis (Mars, Intervet). Avec 7 200 salariés et un chiffre d’affaires de 1,92 Md€ en 2025, Ceva est le cinquième groupe mondial de santé animale.