Agra Business | Brasil Foods, Carrefour, Leclerc, Lactalis, Unicoque

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Volaille : le brésilien Brasil Foods rachète une entreprise de transformation chinoise

BRF (Brasil Foods) a annoncé le 20 novembre à ses actionnaires et au marché son acquisition auprès du groupe américain OSI pour 43 millions de dollars d’une usine de produits élaborés en Chine, afin de se rapprocher du grand marché chinois. La filiale de Marfrig présente sur son site internet son intention de doubler la capacité de production de cette usine de la province Henan, qui est aujourd’hui de 28 000 tonnes annuelles. Elle doit consacrer 36 millions de dollars à cette extension. Le média économique brésilien Valor évoque un projet d’installer des lignes de production de burgers. Le président de Marfrig et BRF, Marcos Molina, signale à ce média que BRF devient le premier industriel brésilien de la viande à exploiter une usine en Chine. Il met en avant les près de neuf ans d’expérience de Marfrig sur le marché chinois à travers Keystone Foods, filiale cédée à l’américain Tyson Foods en 2018, rappelle Valor. L’acquisition de l’usine chinoise a été annoncée à l’occasion de la visite du président chinois Xi Jinping à son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.

Viande: une version de travail de la Snanc préconise de réduire la consommation (presse)

Alors que la Stratégie nationale nutrition climat (Snanc) est toujours en pause, le média Contexte en a publié le 22 novembre une version de travail qui préconise de réduire la consommation de viande afin de baisser les émissions de GES de la ferme France. Daté d’avril et rédigé par le précédent gouvernement, le document fixe un objectif à 2030 de «diversification des source de protéines», en cohérence avec deux autres politiques gouvernementales: d’un côté le PNNS (Plan national nutrition santé) qui fixe une limite de 500 g de viande rouge par adulte et par semaine; de l’autre la SNBC (Stratégie nationale bas carbone), dont la version en consultation prévoit une baisse de consommation de 12% en 2030. Les termes précis utilisés dans la Snanc ne sont toutefois pas arbitrés: il pourrait s’agir d’une «limitation de la consommation de viandes» ou d’une «consommation globale moindre de protéines animales». Autre sujet sensible: le projet prévoit aussi de «réduire la pression marketing sur la population, notamment les enfants, pour les produits non respectueux de l’environnement et de la santé». Un objectif qui était en attente d’arbitrage interministériel. Le document comprend en tout 20 objectifs, dont notamment celui d’atteindre «12% de consommation de produits bio en valeur», ou encore «au moins 80% du territoire couvert» par des PAT «labellisés niveau 2».

Négociations commerciales: la DGCCRF sanctionne une centrale d’achat de Carrefour

La DGCCRF (Fraudes) a annoncé le 22 novembre avoir infligé une amende de plus de 10 M€ à une centrale d’achat internationale de Carrefour pour «non-respect de la date butoir applicable à la signature des contrats avec ses fournisseurs établis en France». Dans le détail, c’est la société Eureca Mayoristas SL, établie en Espagne, qui a été sanctionnée, apprend-on sur le site web de la DGCCRF. Selon les services de Bercy, cette filiale de Carrefour est «chargée de négocier avec les fournisseurs les conditions commerciales, notamment pour les produits vendus dans les magasins français de l’enseigne». Dans le cadre d’une enquête «sur le respect des règles du code de commerce en matière d'équilibre et de transparence des relations commerciales», la Drieets d’Île-de-France (préfecture) a constaté «12 manquements à son obligation de signature des conventions conclues avec ses fournisseurs au plus tard les 15 et 31 janvier 2024». En 2023-32024, dans un contexte de forte inflation alimentaire, le gouvernement avait avancé la date de fin des négociations commerciales annuelles, habituellement fixée au 1er mars (avec deux dates selon le chiffre d’affaires des fournisseurs concernés).

UE/Mercosur: au Brésil, Carrefour menacé de boycott sur à son engagement en France

Les supermarchés de la chaîne française Carrefour au Brésil font face à une menace de boycott à la suite de l'annonce de l'entreprise selon laquelle elle ne vendra pas en France de viande en provenance des pays du Mercosur. Le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, a écrit au syndicat agricole majoritaire FNSEA le 20 novembre que la chaîne de supermarchés «ne vendra aucune viande provenant du Mercosur». Cette annonce a provoqué l'indignation au Brésil, où le gouverneur de l'Etat du Mato Grosso - une région agricole - a lancé un appel au boycott des magasins Carrefour sur le territoire brésilien. «Je peux aussi vous traiter de la même manière dont vous me traitez. Donc, si le Brésil ne peut pas vous vendre de la viande, alors vous non plus vous ne vendrez pas de produits français», a déclaré le gouverneur, Mauro Mendes, dans une vidéo publiée vendredi sur les réseaux sociaux. «Moi, en tant que citoyen, je ne ferai plus mes courses dans leurs magasins», a-t-il déclaré, obtenant l'approbation de nombreux Brésiliens sur internet. Carrefour a souligné que son refus de vendre de la viande issue des pays du Mercosur ne s'appliquait qu'aux magasins Carrefour en France. Des médias brésiliens ont rapporté que des camions de livraison de viande refusaient d'approvisionner environ 150 supermarchés Carrefour au Brésil. La direction de Carrefour Brésil a nié dans un communiqué que les rayons de viande de certains de ses magasins soient vides en raison du boycott.

UE/Mercosur: la viande vendue chez Leclerc provient «à 99%» d'en dehors du Mercosur

La viande vendue dans les supermarchés Leclerc provient «à 99%» hors de la zone Mercosur, plusieurs pays d'Amérique du Sud au centre d'un projet de traité commercial controversé avec l'Union européenne, a affirmé le 24 novembre son médiatique représentant Michel-Edouard Leclerc.  «A 99% nous ne vendons pas de viande du Mercosur», a affirmé M. Leclerc, interrogé sur la chaîne Public Sénat au sujet du traité UE-Mercosur. Le géant de la grande distribution Carrefour s'est engagé à «ne commercialiser aucune viande en provenance du Mercosur», dans un courrier adressé le 20 novembre à la FNSEA dans lequel son PDG Alexandre Bompard appelle «les acteurs de la restauration» à faire de même. «Par contre, nos industriels de l'agroalimentaire (...) doivent nous dire dans les produits transformés d'où viennent leurs produits», a poursuivi Michel-Edouard Leclerc dimanche, suggérant que des morceaux de viande provenant du Mercosur pouvaient se trouver parmi les composants de ces produits. «Cet accord n'est pas abouti et ne doit pas être signé», a également dit M. Leclerc, interrogé sur la partie agricole du traité UE-Mercosur.

Manifestations: une plateforme logistique bloquée quelques heures à Toulouse par la CR

Des agriculteurs de la Coordination rurale (CR) ont bloqué le 22 novembre pendant quelques heures une base logistique du géant de la grande distribution Carrefour près de Toulouse, avant de partir sous la menace d'une intervention de la police, ont constaté des journalistes de l'AFP. «Après une dernière sommation des CRS, nous sommes partis», a déclaré à l'AFP le 22 novembre au soir Eloi Nespolous, coprésident de la CR de l'Aveyron. En début d'après-midi, une douzaine de tracteurs et de voitures des manifestants avaient pris position devant l'entrée de l'établissement à Colomiers, stoppant le va-et-vient des camions qui entraient et sortaient pour alimenter les magasins de la région. Les agriculteurs, essentiellement de la CR de l'Aveyron, ont déversé des remorques de pneus et de déchets. Pour justifier la mobilisation, Jérôme Fougassier, éleveur de bovins, a expliqué qu'il s'inquiétait notamment de la concurrence des importations du Mercosur, si le traité de libre-échange était conclu, «des produits sans traçabilité» selon lui. «La population doit se mobiliser, a-t-il plaidé. On est a un tournant du mouvement, il ne faut rien lâcher».

Laiteries: FNE attaque une filiale auvergnate de Lactalis pour pollution d'une rivière

La fédération des associations de protection de la nature et de l’environnement (FNE) appelle à «en finir avec l’impunité de Lactalis» en matière de pollution des eaux, tout en dénonçant «la complaisance de l’administration» à l’égard du géant laitier, dans un communiqué le 21 novembre. Le réseau de défense de l’environnement annonce notamment avoir assigné en justice la Société fromagère de Riom, filiale de Lactalis qui fabrique des fromages, devant le tribunal judiciaire de Clermont-Ferrand. FNE lui reproche d’avoir pollué par deux fois la rivière de la Véronne, dans le Cantal, ce pourquoi elle n’a écopé que «d’une amende dérisoire de 5500 euros». FNE cite d’autres cas d’infractions environnementales du groupe laitier: dans le Jura, la Manche, à Montauban et dans l’Aveyron. Plus largement, FNE demande «une augmentation concrète des effectifs d’inspecteurs» pour contrôler les installations classées pour l'environnement (ICPE), afin d’obliger les industriels à respecter leurs obligations environnementales. Il y a eu «moins de 25 000 inspections réalisées en 2023 sur les 500 000 ICPE», et «moins de 20 % des arrêtés de mise en demeure ont débouché sur des sanctions administratives», regrette l’association. 

Alcool: une PPL transpartisane pour interdire aux influenceurs la pub sur les réseaux sociaux

Une proposition de loi (PPL) transpartisane, déposée par Cyrille Isaac-Sibille (Les Démocrates, Rhône) le 19 novembre à l’Assemblée nationale, vise à interdire la publicité des boissons alcoolisées par les influenceurs sur les réseaux sociaux. Le texte soutient les «nombreux travaux parlementaires» déjà menés pour réguler la publicité de l’alcool, sur les réseaux sociaux grâce à une précédente PPL de la députée communiste Karine Lebon, ou à proximité des établissements scolaires et des établissements sensibles (PPL du député insoumis Loïc Prud’homme), précise l’exposé. Et de citer aussi la loi du 9 juin 2023 pour encadrer l’influence commerciale et lutter contre les dérives des influenceurs sur les réseaux sociaux. La nouvelle PPL propose d’augmenter la sanction en cas de violation de la loi Évin, qui «n’est pas assez dissuasive aujourd’hui». Cela en l’alignant sur l’amende prévue pour les pratiques commerciales trompeuses, soit 300 000 euros (contre 75 000 euros), pouvant être portée à 10% du chiffre d’affaires, ou à 50% du montant des dépenses consacrées à l’opération.

Noisettes/acétamipride: pas de voie juridique pour une dérogation de 120 jours, selon Genevard

À l'occasion d'une audition devant les députés de la commission des Affaires économiques le 20 novembre, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a indiqué qu'il n'était pas légalement possible d'accorder une dérogation d'usage de 120 jours pour l'usage de l'acétamipride dans la filière noisette, comme demandé la veille par la coopérative Unicoque (Lot-et-Garonne). «On a exploré juridiquement cette possibilité, a-t-elle expliqué. La dérogation 120 jours n'est pas possible, car le législateur, en son temps, a nommément interdit cette substance dans la loi.» Ainsi, à l'instar de ce qui avait été fait par Julien Denormandie pour les néonicotinoïdes utilisés en betterave, «seule une autre loi peut revenir sur cette disposition», a déclaré Annie Genevard. C'est ce que propose le sénateur LR Laurent Duplomb dans sa proposition de loi sur les «entraves». La filière noisette française souffre d'une récolte française catastrophique cette année, provoquée par des attaques massives de punaises diaboliques et de balanin (ver de la noisette), ainsi qu'une météo défavorable. Outre l'autorisation d'utiliser l'acétamipride, efficace contre les deux ravageurs, la filière demande un «fonds d'urgence», estimant ses pertes à 60 millions d'euros, équitablement réparties entre l'entreprise et les producteurs. Mais aussi un soutien à son projet de recherche sur les parasitoïdes, commun à plusieurs autres filières fruits et légumes. Unicoque a déjà débuté un élevage, dont la montée en puissance pourrait prendre cinq ans, pour produire à terme 10 à 20 millions de parasitoïdes, contre 20 000 cette année.

Fruits rouges: le Maroc espère ouvrir le marché chinois début 2025

La filière marocaine des fruits rouges espère entamer des exportations à destination de la Chine d’ici le début de l’année 2025, rapporte l'agence Ecofin le 22 novembre, reprenant des information du media Le Desk. Une visite d’une délégation chinoise est attendue en décembre pour finaliser un accord bilatéral sur les procédures de contrôle et de certification phytosanitaire. L’objectif des producteurs marocains est de diversifier leurs débouchés, qui reposent à l’heure actuelle à 90% sur l’Union européenne et le Royaume-Uni. Le royaume chérifien a réalisé un chiffre d’affaires à l’exportation de 736,5 M€ en 2023. La myrtille est le principal fruit exporté. Pour mémoire, la culture de fruits rouges y couvre 12 500 ha, principalement dans les régions du Gharb, Souss-Massa et Dakhla. De son côté, la Chine a importé pour environ 275 M€ de fruits rouges, principalement de la myrtille, en 2023. S’il parvient à ouvrir le marché chinois l’année prochaine, le Maroc devra se confronter à deux concurrents de taille: d’une part le Pérou, important et historique producteur et exportateur de myrtille (mais qui subit cette année les effet de La Niña), et le Chili qui, depuis plus d’une décennie, a fait du marché chinois une destination privilégiée de ses fruits rouges.

Cognac : un décret met fin aux jeunes «vignes éponges», retirées de la production

Comme annoncé par la filière cognac à l’automne 2023, les vignes AOC en «deuxième feuille» (2 ans) ne peuvent plus servir à produire du vin. Un décret, paru le 20 novembre au Journal officiel, applique aux eaux-de-vie les mêmes règles du code rural que celles pour les vins d'appellation. La filière acquiert ainsi «un outil utile de maîtrise de la production permettant d’éviter, à la suite de périodes de forte plantation, la mise sur le marché de volumes conséquents de vins sans IG», souligne la notice. En plein ajustement des volumes de cognac à la baisse, cette nouvelle disposition a une portée limitée. L’interprofession (BNIC) avait annoncé en septembre 2023 une demande d’autorisations de plantation nouvelle réduite à 100 hectares en 2024 (contre 3 129 hectares en 2023). Mais le nouveau décret met aussi fin aux jeunes «vignes éponges». Une note de la Dreets (préfecture) Nouvelle-Aquitaine, publiée en août 2023, décrit ce «glissement frauduleux» dans la déclaration de récolte, où des volumes produits en dépassement du rendement AOC autorisé sont mis en volumes et autres superficies de vignes SIG, afin de quand même les commercialiser.

Erratum sur l’ancien président de l‘AOPn Tomates et concombres de France

Une coquille s’est glissée dans l'Agrafil daté du 22 novembre concernant l’élection du nouveau président de l’AOPn Tomates et concombres de France. Pierre-Yves Jestin succède bien à Jean-Pierre Noé (et non Pierre-Yves comme indiqué) à la tête de l’association nationale des organisations de producteurs.