Agra Business | Nordzucker, Savencia, Lactalis, Danone, Les Fermes Debout

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Sucre : face aux difficultés, Nordzucker ferme une usine en Slovaquie

Dans un communiqué du 5 février, le groupe allemand Nordzucker a informé de l’arrêt de la production de sucre à partir de betterave d’une usine en Slovaquie, basée à Trenčianská Teplá, après la campagne commerciale 2025-2026. L’installation sera transformée et continuera d’opérer en tant que hub commercial et logistique. Nordzucker justifie l’interruption de la production par l’environnement particulièrement difficile touchant le secteur. Les prix du sucre sont particulièrement bas, alors que les coûts de production restent élevés, dégradant fortement la rentabilité. Le groupe allemand évoque par ailleurs la multiplication des problèmes phytosanitaires, à l’origine de la baisse des rendements et de la détérioration de la qualité des betteraves. Il pointe enfin le manque de débouchés. Afin d’assurer sa survie à long terme, Nordzucker opère donc un changement de cap stratégique, et décide de concentrer sa production en Suède sur son site d’Örtafta, et de sucre liquide en Allemagne, sur son installation de Nordstemmen. De son côté, la filière française a récemment rappelé les importantes difficultés rencontrées par le secteur sucrier.

Produits laitiers : le chiffre d'affaires de Savencia recule de 2,6% en 2025

Le groupe Savencia Fromage & Dairy a communiqué le 5 février son chiffre d’affaires pour 2025 qui est en recul de 2,6% par rapport à 2024, à 6,957 milliards d’euros. Ce recul s’explique par « un fort effet de change défavorable de 4,3% principalement en lien avec la dévaluation des monnaies sud-américaines », explique Savencia. « La croissance organique globale du groupe reste néanmoins résiliente à +1,6%, soutenue par la bonne performance des Autres Produits Laitiers (46,6% du chiffre d’affaires, NDLR). L’effet de structure de 0,2% résulte de l'intégration de la société Ugalait à compter du 2 juillet 2024. » Plus spécifiquement, toujours hors effet de change et de périmètre, le chiffre d'affaires des produits fromagers (56,8% du chiffre d’affaires) est stable, avec une baisse des volumes dans un contexte de consommation fragile en France et en Europe, mais une hausse des prix. Pour 2026, Savencia, qui est l'un des principaux exportateurs européens de crème vers la Chine, devra aussi composer avec une hausse de droits de douane imposés par Pékin, qui a lancé une enquête anti-subvention concernant les produits laitiers européens.

Lait : accord Unell-Lactalis pour un prix en hausse, à 406,53 €/1000 litres sur février et mars

Lactalis et l’Unell se sont mis d’accord sur le prix du lait pour les mois de février et de mars 2026, en moyenne nationale à 406,53 € / 1000 L en 38/32 (38 g de matière grasse et 32 g de matière protéique) et à 421,53 € / 1000 L en 41/33, hors prime RSE. Selon l'industriel et l'organisation de producteurs, qui ont fait cette annonce le 4 février, « ce niveau de prix reflète : l’engagement pris par Lactalis de maintenir la valorisation des prix PGC France 2026 au niveau de 2025, en lien avec le niveau du prix de revient agricole tel que déterminé avec l’Unell ; la dégradation spectaculaire des marchés des ingrédients laitiers, ainsi que du prix du lait en Allemagne, indicateur caractérisant les marchés PGC à l’export. » Par rapport à la formule de prix habituelle, le prix est au-dessus car il prend en compte « un ajustement positif de 3,5 € / 1000 L, appliqué par Lactalis France sur la base des indicateurs de février 2026 et de ceux estimés pour mars 2026. »  Ce prix est en recul d’environ 50 euros par rapport à l’année passée, comme le soulignent des éleveurs cités par Ouest-France manifestant le 4 février devant le site Lactalis à Domfront-en-Poiraie (Orne) à l’appel de la FDSEA.

Lait infantile : Danone amplifie ses rappels de produit

Danone a élargi le 5 février ses rappels de lait infantile en France et dans plusieurs pays européens dont la Pologne, l'Autriche, l'Allemagne, la Hongrie, la Roumanie et la Suisse. Plusieurs centaines de lots sont concernés, dont plus de 120 en Autriche et Allemagne (Aptamil et Milumil), et quasiment autant (119) en France où 19 références de laits Gallia et Blédilait sont citées par le site officiel Rappel Conso. Ces rappels font suite à la mise à jour par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) de ses recommandations concernant le seuil toléré de céréulide dans les préparations, une toxine pouvant provoquer diarrhées et vomissements. La taille des lots peut varier d'un industriel à l'autre ou selon les commandes reçues par ces derniers. Les fabricants ne communiquent pas sur le nombre de boîtes concernées par les rappels. Danone a procédé à plusieurs rappels successifs depuis la mi-janvier. De premiers lots ont été bloqués par les autorités de Singapour le 17 janvier. Les grands industriels fabricants des laits infantiles ont rappelés des lots pouvant contenir la toxine.

Maraîchage : Les Fermes Debout (ex NeoFarm) cherche à se financer auprès des citoyens sur Lita

Dans le prolongement du financement de 30 M€ obtenu cet été auprès de ses partenaires historiques et de nouveaux investisseurs, NeoFarm vient de lancer une campagne de financement participatif sur la plateforme Lita (lire l’article complet sur Agra Innovation). La société, qui a changé d’identité il y a deux mois pour Les Fermes Debout, cherche 1 M€ en obligations, (ticket minimum de 300€, avec un coupon annuel de 9%). L’ensemble de ces fonds sert à financer sa première ferme à grande échelle (25 ha dont 10 ha sous serres) à Lisses, dans l’Essonne, qui doit ouvrir ses portes en mars prochain. « Nos fermes sont des outils de territoire et de résilience alimentaire, du coup il y avait énormément de sens pour qu’elles soient aussi financées de manière participative par les citoyens. Cette somme va nous permettre d’être encore plus ambitieux sur la partie biodiversité et la vente directe à la ferme, avec un magasin plus grand. Mais cela va bien au-delà de la logique de financement. C’est aussi un test pour voir si les citoyens adhèrent à notre cause et ont envie d’y participer », explique le CEO et cofondateur Thibaut Millet-Taunay. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation).