Coopératives : feu vert sous conditions à la fusion Euralis-Maïsadour
L’Autorité de la concurrence a donné son accord le 17 juillet au projet de fusion entre les groupes coopératifs Euralis et Maïsadour. « Il est toutefois conditionné à trois séries d’engagements présentés par les parties afin de répondre aux risques d’atteinte à la concurrence résultant de cette concentration », indique l’Autorité de la concurrence. Les deux groupes du Sud-Ouest « transférer à des concurrents d’ici le 17 juillet 2031 un volume de production d’au moins 2 millions de canards gras », en cédant Canadour (production de canards gras) et la marque Sarrade (destinée à la restauration hors domicile). Ensuite, les parties se sont engagées à mettre en place des mesures. Ils devront aussi favoriser « la reprise des exploitations des producteurs adhérents de la nouvelle entité par des concurrents. » Autre engagement : céder à des concurrents douze infrastructures de collecte (silos ou plateformes) de céréales, oléagineux et protéagineux. Enfin, Maïsadour s’est engagé à céder son usine nutrition animale située à Pomarez, dans les Landes, à un concurrent agréé par l’Autorité. Les deux coopératives réfléchissent à se rapprocher depuis 2021, notamment en raison de surcapacités dans le canard gras. Elles avaient été obligées d’abandonner un projet d’entreprise commune dans le canard gras en 2023.
Lait: aux Etats-Unis, Fairlife suspend sa production à cause d’une cyberattaque
Coca‑Cola Company a annoncé le 16 juillet que le spécialiste des produits laitiers hyper-protéinés Fairlife « a identifié un accès non autorisé par un tiers à une partie de ses systèmes, y compris ses systèmes liés à la production, en lien avec une attaque par rançongiciel », selon un communiqué de Coca-Cola Company, propriétaire de Fairlife. A la suite de cet incident, les opérations de production de Fairlife aux États-Unis sont temporairement suspendues, mais pas celles au Canada, où Fairlife est également présent. « L'enquête et l'évaluation de l'impact de l'incident par l'entreprise sont en cours, avec l'aide de conseillers externes et d'experts en cybersécurité. L'entreprise a également informé les forces de l'ordre. L'étendue, la nature et les impacts complets de l'incident ne sont pas encore connus », précise Coca Cola Company. Les attaques par rançongiciel consistent en général à bloquer les donner, les dérober puis exiger le paiement d’une rançon en échange du déblocage. Fairlife, dont le siège est à Chicago, exploite trois usines et emploie plus de 850 salariés. Il possède un portefeuille de produits laitiers sans lactose, incluant du lait ultra-filtré enrichi en protéines et les boissons protéinées Core Power High Protein Shakes.
Viande : Bigard en situation de quasi-monopole dans plusieurs régions (presse)
Dans une analyse cartographique inédite publiée le 17 juillet, nos confrères du Monde et de Lighthouse Reports montrent que le groupe Bigard est en situation de quasi-monopole pour l'abattage des bovins dans deux régions, une partie de l'Occitanie et une zone recouvrant notamment les Ardennes et la Meuse. La cartographie est basée sur le nombre d'abattoirs disponibles à quatre heures de route de toutes les intercommunalités françaises. Pour les auteurs, l'évaluation du niveau de concurrence effectué par les autorités lors des rachats d'abattoirs par Bigard ces dernières années a omis certaines conséquences régionales. A l'échelle nationale, Bigard possède, selon les deux médias, «plus de 50% des parts de marché dans 343 intercommunalités, soit 66 000 exploitations». Selon un calcul basé sur l'indice de Herfindahl-Hirschman (concurrence), une ferme française sur cinq peut livrer à un nombre d'abattoirs correspondant à une concurrence inférieure aux «seuils généralement acceptés par la loi». Ils rappellent que le groupe Bigard ne possédait que trois abattoirs en 1998, et 23 en 2025. Sa prédominance sur le marché français correspond à la fois à ses opérations de rachat (Charal en 2008, Socopa en 2009), et à la disparition de nombreux abattoirs, notamment publics.
Fruits/légumes/fleurs : au Royaume Uni, New Covent Garden dépasse 1Md £ de ventes
Dans un communiqué le 15 juillet, New Covent Garden Market (NCGM), premier marché de gros britannique pour les fruits, les légumes et l’horticulture, basé à Londres, annonce avoir, pour la première fois, atteint un chiffre d'affaires supérieur au milliard de livres sterling (1,18 Md€) pour l'exercice 2025-2026. Cela reflète une progression de 15,5% par rapport aux 934 millions de livres sterling (1,09 Md€) de l'exercice 2024-2025. Pour comparaison, le secteur fruits et légumes de Rungis a totalisé 4,49 Md€ de ventes en 2025. Dans le détail, New Covent Garden (130 entreprises) a connu une légère hausse de son occupation qui atteignait 96 % en 2026 (contre 91 % en 2024-2025), portée par le marché des fruits et légumes, dont le taux est passé à 97 % (contre 90 % en 2024-2025), et par le marché aux fleurs occupé à 100% malgré l’actuel campagne de modernisation des bâtiments. « Atteindre ce chiffre d'affaires témoigne de la solidité et du rayonnement du marché, ainsi que de la valeur des personnes qui en font ce qu'il est » s’est félicité Wanda Goldwag (OBE), présidente de la Covent Garden Market Authority (gestionnaire). Le marché qui approvisionne plus de 40 % des restaurants, hôtels et traiteurs de Londres, fait actuellement l'objet d'un important projet de rénovation dont l'achèvement est prévu pour 2027.
Fruits et légumes : Rungis va expérimenter de nouvelles pratiques logistiques
Dans son rapport annuel 2025, la Semmaris, (organisme gestionnaire du marché de Rungis) indique que le secteur fruits et légumes va faire l’objet d’expérimentations d’aménagement afin d’améliorer sa desserte logistique. Le secteur représente 70 % des arrivages, une grosse partie des flux et la plus grande masse salariale d’opérateurs et d’entreprises du Marché. Actuellement, la circulation est difficile pour l’ensemble des acteurs en heures de pointe (manque d’espaces logistiques, concurrence des usages). Les expérimentations seront co-construites avec les opérateurs. Plusieurs axes sont envisagés : adaptation des horaires pour limiter les croisements des flux, facturation en fonction de la durée de présence dans le MIN (éviter le parasitisme), amélioration de l’accès aux quais, création d’un nouvel espace de dégroupage, test de véhicules autonomes. D’une manière général, le marché de Rungis ambitionne de créer, à proximité des pavillons, des espaces de groupage et de dégroupage afin de mieux gérer les flux d’acheteurs sur site. « En consolidant leurs commandes par « groupage », on peut gagner en efficacité logistique et en maîtrise des flux, et accueillir plus d’acheteurs satisfaits sur le carreau », précise la Semmaris.
Abricots : les producteurs dénoncent les importations turques de Lidl
La Fédération nationale des producteurs de fruits ((FNPF, FNSEA) reproche à l’enseigne Lidl, dans un communiqué du 15 juillet, de tourner le dos à la production française en commercialisant des abricots importés de Turquie, et ce en pleine saison nationale. Elle affirme que les abricots vendus par l’enseigne sont de « très mauvaise qualité », majoritairement « immatures, et sans intérêt gustatif ». Elle soutient par ailleurs que plusieurs fruits présentant un calibre inférieur au diamètre minimal autorisé. Selon la FNPF, ces abricots sont vendus à près de six euros le kilos, soit un prix deux fois supérieur à celui pratiqué par plusieurs enseignes concurrentes. « Le bilan carbone de cette offre est déplorable, loin des engagements environnementaux dont l’enseigne se vante souvent », déplore en outre l'organisation, ajoutant que ces fruits bénéficient de conditions techniques bien moins contraignantes que ceux issus des exploitations françaises. Elle reproche enfin à l’enseigne allemande de continuer à se présenter comme un partenaire de l’agriculture française, notamment lors du salon de l’agriculture, alors que ses choix d’approvisionnement sont, selon elle, en contradiction avec ce discours.
Machinisme : l'usine Massey Ferguson de Beauvais n'est pas menacée (AGCO)
Dans un entretien accordé à Agra presse, le président directeur-général du groupe de machinisme Agco (Fendt, Massey Ferguson, Valtra), Eric Hansotia, assure que le site français de fabrication de tracteurs Massey Ferguson, basé à Beauvais n'est pas menacé, malgré la fuite cet automne dans la presse locale d'un document interne laissant entendre qu’une partie de la production beauvaisienne pourrait être délocalisée à l’étranger. «Je pense qu’il s’agit d’un gros malentendu, déclare le patron américain. Nous n’avons jamais eu l’intention de délocaliser l’usine. Les performances de ce site ont toujours été très bonnes, nous y avons investi 110 millions d’euros depuis 2018, nous venons d’y ouvrir un centre dédié à nos clients, appelé Agrispace, où nous invitons près de 20 000 personnes chaque année. Cherchons-nous à nous approvisionner en composants chez des fournisseurs de nouvelles provenances géographiques pour diminuer les coûts ? C’est une partie inhérente de notre activité, car nous essayons continuellement de nous améliorer, mais la marque Massey Ferguson reste implantée ici.» Eric Hansotia explique que l'implantation en France reste stratégique pour le groupe qui «veut être la société du secteur la plus centrée vers les agriculteurs». Or, la France est «notre premier marché en Europe, et l’Europe est notre premier marché mondial.»
Machinisme : les fabricants chinois implantés en UE d'ici 10 ans, prévoit le pdg d'AGCO
Dans un entretien accordé à Agra presse, le président directeur-général du groupe de machinisme Agco (Fendt, Massey Ferguson, Valtra), Eric Hansotia, estime que les fabricants de machines agricoles chinois «seront implantés en Europe dans la décennie à venir». Très présents en Europe dans les salons de machinisme agricole depuis deux ans, mais encore marginaux sur le marché où ils proposent pour l'instant des tracteurs d'entrée de gamme, les fabricants vont peu à peu étoffer leur gamme et structurer leurs circuits de distribution, prévoit le patron américain : « nous ne voulons pas faire l’erreur de penser qu’ils ne fourniront que des produits à bas coût et bas de gamme. Nous pensons qu’ils fourniront un mix de solutions, et nous les prenons très au sérieux.» Face à cette nouvelle concurrence, AGCO veut rester «meilleurs» sur l'ensemble des services apportés aux agriculteurs : «l’agriculture est un métier de confiance (...) Quand les agriculteurs prennent une décision, le produit n’est pas le seul critère ; ils regardent aussi la maintenance, ce qui inclut l’expertise des techniciens, l’accès aux pièces détachées. Même si les fabricants chinois arrivaient sur le marché avec un produit performant, il leur faudra fournir ces autres services. Notre stratégie est de s’assurer que nous sommes meilleurs sur chacun de ces services.»
Produits de la mer : Gimbert Surgelés en procédure de sauvegarde
L’entreprise familiale gersoise spécialiste des produits de la mer, située à Fleurance et fondée en 1983 par Bernard Gimbert, vient d’obtenir l’ouverture d’une procédure de sauvegarde par le tribunal de commerce d’Auch le 3 juillet dernier. Une étape considérée par son dirigeant comme « un acte de gestion préventif » visant à donner à l’entreprise « le temps nécessaire pour adapter son financement au rythme réel de son développement commercial », « sécuriser sa trésorerie » et « consolider la montée en puissance de son projet industriel ». L’entreprise avait en effet investi en 2021 dans la relocalisation d’une activité de transformation de produits de la mer à plus forte valeur ajoutée, avec le développement d’une gamme signature élaborée à partir de poissons sauvages (Croustillants, Fish&Cheese, …). Montant de l’opération : 13 M€ (dont 20% de subventions publiques). Confrontée à un contexte peu favorable (encadrement des promotions issu des lois Egalim, délais de référencement…), Gimbert Surgelés a opté pour la sauvegarde, qui doit lui permettre de bénéficier d’un cadre protecteur pour poursuivre son activité et travailler à la restructuration financière liée aux investissements réalisés. Durant cette période d’observation, le site de Fleurance fonctionne normalement, avec ses 48 salariés (69 au total). L’entreprise indique avoir réalisé 6,9M€ de CA en 2025 et annonce une croissance en cours de son CA de 25% sur 2026. (Florence Rabut)